Tout jeune groupe avec un superbe album à leur actif « Janis » foule pour la première fois le sol du Hellfest avec un plaisir non dissimulé. Ce ne sont pas des débutants pour autant, et ils vont nous le faire comprendre assez rapidement.
Nous sommes le troisième jour, les organismes commencent à être fatigués et la chaleur n’a pas aidé. Pour autant, le public répond présent pour leur concert de 10h30.
Les ayant déjà vu en petite salle, j’étais impatiente de voir ce que cela allait donner. Et je n’ai pas été déçue. Le son est bon et équilibré nous permettant d’apprécier tous les instruments. Ils déroulent leur post-metal à coup de guitares aériennes.
Le groupe n’est pas très communicatif pendant le set, mais la musique se suffit à elle-même. La section rythmique incarnée par Quentin et Pierre-André apporte lourdeur et puissance à l’atmosphère, tandis que les guitares se font soit agressives, soit plus mélodiques jouant sur un clair obscur maîtrisé. 30 minutes c’est court, mais suffisant pour que les personnes présentes comprennent qu’ils en ont sous la pédale. Pari réussi pour Vestige !
Vestige Portfolio
Changement radical d’ambiance puisque je pars au pas de course rejoindre la Warzone pour Last Hounds. Malgré la chaleur déjà bien installée en cette matinée, le punk des anglais va secouer tout ce petit monde. Et en parlant de chaleur, le chanteur demande s’il ne fait pas 50 degrés. Je crois qu’il a chaud :-) Cela n’empêche pas la formation de Birmingham de foutre le feu à la Warzone. Ils ont des choses à dire et le disent haut et fort ! Leur réputation scénique n’est plus à faire et ils confirmeront tout leur potentiel. Le groupe est à fond et assène son punk sans concession devant un pit conquis. Distribution de patates à tout va. Ça va dans tous les sens et c’est bon. Le chanteur semble comme un gamin avec un sourire non simulé dès qu’il voit les slameurs arriver. On le retrouvera dans la fosse pour lancer un Wall of Death avant de se faire « rapatrier » sur scène en crowdsurfing. Ils ont livré un concert de haute-intensité et plein d’énergie : merci messieurs !
Last Hounds Portfolio

Changement de presque dernière minute dans mon programme : faisant l’interview de Syk, je zappe Majestica pour découvrir les italiens sur scène. Syk est un groupe de Death metal existant depuis une bonne dizaine d’années et qui a sorti son dernier album « eartHFlesh » un an auparavant. Sur les réseaux sociaux, ils ont clamé à qui veut bien l’entendre leur joie d’être au Hellfest, avant, pendant et après. On ne pouvait rester de marbre devant un tel enthousiasme et une telle prestation. Pour cette occasion spéciale, ils ont fait appel à leur ancienne chanteuse Dalila Kayros pour accompagner au chant Stefano Ferrian, guitariste et chanteur. Le duo fonctionne à merveille, le large spectre vocal de Dalila apportant une touche à la fois d’angoisse et de puissance à la musique du groupe. C’est une expérience assez immersive illustrée par une musique complexe et brute à la fois. Le public semble conquis et je ne regrette mon changement de programme.
Je pars pour l’interview de DeathAwaits puis je retourne sur Temple pour Tryglav et les contrées slaves. Tryglav est le projet black mélodique du croate Boris Behara. Il n’est pourtant que 13h30 quand le groupe débutera et pourtant la tente s’est déjà transformée en étuve. Si le public n’est pas collé serré et se laisse de l’espace pour ne pas rajouter à la chaleur, il a quand même répondu présent pour la première apparition au Hellfest du gigantal croate et son groupe de session (sinon il est plutôt tout seul le gars). Il a beau venir plutôt du Sud, c’est un black assez nordique, agressif, mais avec quelque chose de majestueux. La musique entêtante et le chant parfois fantomatique confère une ambiance bien sombre.
Même s’il ne révolutionne pas le genre, il délivre un set propre et efficace. Plutôt avare en interaction avec le public - la chaleur peut-être, lui aussi racontera que c’était sûrement la date la plus chaude - le groupe le sera moins sur l’intensité mise dans les morceaux et ne lâchera rien jusqu’au bout.
Ce moment fut somme toute fort agréable, peut être qu’avec une brise fraîche rappelant plus les foret norvégiennes plutôt que cette chaleur telle une virée dans le Sahara, sur scène comme dans le public, l’instant aurait été plus apprécié.
Tryglav Portfolio

Et hop, me voila de retour à l’espace VIP pour faire les interviews de Newtt, Vestige et Syk avant de retourner à la guerre donc à la Warzone pour Nasty.
J’avais vu les belges quelques mois auparavant avec Terror en salle. Ca avait été un bordel sans nom. Et bien ça sera la même mais en plus grand. Sans faire dans le cliché, quand on les voit débarquer, on constate que ce ne sont pas des adeptes du Pilates, mais plutôt de la bourrinade. Et c’est ce qu’ils vont s’évertuer à faire pendant 50 min. Tous les ingrédients du Hardcore beatdown sont là : c’est brutal, c’est lourd et dans la fosse, ça mouline à tout va ! Les morceaux s’enchaînent et les riffs sont massifs et lors des parties plus lente, ça nous écrase encore plus.
Ils sont à 150 % et envoient les premières grosses déflagrations de la journée. Avec les groupes qui suivent, on se demande comment le public va survivre !
La chaleur me flingue autant, voire plus que la veille, je retourne au logement poser mon bazar d’interview, je me refroidi un peu . La chaleur ayant fait fondre le peu de neurones dont je dispose, je zappe complètement le concert de The Ocean, concert, je précise, que je ne voulais absolument pas rater de par le caractère un peu exceptionnel que celui-ci revêtait. Voilà, ça c’est fait…
Je reviens donc sur le site à la Warzone avec Terror.
Avec Terror, c’est pas la bagarre c’est la guerre ! Et après une journée de canicule et un enchainement de concerts, le public a fait honneur au groupe de Los Angeles. Comme à son habitude, Scott Vogel, le chanteur arpente la scène tel un lion en cage beuglant dans son micro les yeux rivés sur la fosse transformée en chaos.
C’est un vrai mur du son que les musiciens construisent à coup de riffs massifs et de rythmique agressive. Le spectacle est partout. Pour ma part, les mosh-pit grandissant, je me vois forcée de faire des petits pas sur le côté pour ne pas être emportée par l’enthousiasme de la foule.
45 minutes de pure violence : on en redemanderait presque mais quand on voit l’état de ceux qui sortaient du pit, pas sûr que cela était raisonnable.
Une dernière traversée du site pour aujourd’hui direction Altar, déjà bien remplie quand j’arrive, pour Leprous.
Spoiler alert : comme d’habitude, il n’y aura pas grand-chose à dire à part : c’était beau !
En début d’année, salle Pleyel à Paris, ils avaient mis la barre très très haut niveau qualité, intensité, beauté etc. Et s’attendre à une telle performance surtout en festival est une utopie. Reste que Leprous ne sait faire que bien. Et en ce jour, ils ne dérogeront pas à la règle.
Avec leur discographie plutôt riche, faire une setlist qui contente tout le monde est délicat, et forcément, on peut regretter que les plus vieux morceaux ne ressortent plus, donnant forcément la priorité au dernier album « Melodies of Atonement ». Einar Solberg, le chanteur, est comme à son habitude impeccable dans son interprétation et sa gestuelle caractéristique, et dans la justesse niveau communication avec le public, s’inquiétant quand même de savoir comment on a tenu jusque là. Globalement, rien ne dépasse. C’est parfaitement exécuté et on en attend pas moins des norvégiens. L’heure tardive nous permet aussi d’apprécier le light show qui nous immerge dans un maelstrom vertigineux.
Bref, vingt-quatre ans que Leprous nous envoûte… et pourvu que ça dure !
Je finirai la soirée tranquillement devant Dream Theater en Mainstage 2 qui fera comme il sait le faire : du prog hyper technique. Les ayant aussi vu quelques mois auparavant sur un set de près de 3h et avec leurs morceaux fleuves (et encore ils n’ont pas fait ‘The Count of Tuscany’ hi hi ), les sets de festivals semblent toujours trop courts. Mais on appréciera le set pas si pire de James Labrie, le sourire communicatif de Jordan Rudess surtout quand il vient avec son clavier portable faire son petit solo, le stoïcisme légendaire de John Myung, la virtuosité sans faille de John Petrucci et juste le plaisir de revoir et d’entendre Mike Portnoy derrière les fûts. Concert de festival oblige, on aura pas mal de morceaux incontournables et fédérateurs comme ‘As I Am’, ‘Strange Deja Vu’ et bien sûr ‘Pull me Under’ (mais pas de ‘Home’ snif) mais aussi, du plus rare comme ‘Peruvian Skies’. En vrai, il est difficile de dire quelque chose sur les concerts de Dream Theater tant l’execution est irréprochable.
C’est donc avec deux sets de grande qualité que cette très chaude journée s’achève. Demain, il fera meilleur.
Mes Tops !
- Terror
- Leprous
- Les moments passés avec les potes (oui à un moment faut le dire!)
Mes flops
- Mon ratage intersidéral de The Ocean
- Pas grand-chose sur cette journée à part re-la chaleur
Retrouvez le live report de mon J4 ici
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