A peine sorti, le nouveau clip de Rammstein semble déjà faire polémique
Enora
Journaliste

Créé le 28/03/2019
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Il y a quelques minutes, en ce jeudi 28 mars 2019, Rammstein dévoilait son nouveau clip, « Deutschland ». Réalisé par Specter Berlin et tourné dans divers endroits dont l'ancienne prison de la Stasi est-allemande de Keibekstrasse. Le teaser du clip met en scène les musiciens comme prisonniers de camp de concentration, vêtus de tenues rayées, l'une portant une étoile jaune, et la corde autour du cou.

Il n'en fallait pas plus pour faire réagir l'opinion publique, ce que la presse s'est empressée de relayée. Ainsi, Felix Klein, le responsable des affaires d'antisémitisme au gouvernement allemand, expliquait au Bild Zeitung qu'il s'agissait du « franchissement d'une ligne rouge », ajoutant ensuite : « Si cela ne devait servir qu'à promouvoir les ventes du nouvel album, alors je pense qu'il s'agirait d'une utilisation de mauvais goût de la liberté artistique. ». Pour autant, ce même journal allemand déclarait que : « Cette chanson est un voyage à travers l'histoire de l'Allemagne et exprime la relation amour-haine causée par les épisodes beaux et laids de l'histoire de ce pays » ; et l'écart entre l'imagerie du teaser et le clip en lui-même est réel, nuançant les prises de positions politiques. L'intention du groupe se voulait donc plutôt être un hommage à l'Allemagne, acceptant la réalité d'un passé sombre tout comme célébrant la beauté de ce pays.

Si les Allemands avaient mis leur carrière en suspens après « Liebe Ist Für Alle Da » (2009), continuant malgré tout d'assurer des tournées ainsi que la promotion de leur best of « Made In Germany » (2011), mais aussi le live « Rammstein : Paris » (2017), ils semblent décidés à marquer leur retour d'une pierre blanche, annonçant la sortie d'un nouvel album au titre encore inconnu pour le 17 mai 2019 !

La polémique semble pourtant débuter dès la sortie du teaser du clip de « Deutschland » puisque Charlotte Knobloch, ancienne présidente du Conseil central des Juifs, réagissait : « Le groupe a dépassé les bornes. […] La façon dont Rammstein détourne la souffrance et le meurtre de millions de gens à des fins de divertissement est frivole et abject ». Alexander Graf Lambsdorff du parti libéral (FDP) ajoutait à cela : « La Shoah ne doit pas être utilisée à des fins de publicité ».

Beaucoup connaissent le goût de Rammstein pour la provocation, et il ne fait nul doute que les critiques qui commencent une nouvelle fois à s'abattre sur le groupe feront réagir les fans et plus largement les amateurs du genre. Déjà accusé d'être proche de l'idéologie nazie comme lors de l'usage d'extraits issus du film « Olympia » de Leni Riefenstahl en 1998, le groupe a plusieurs fois du nier cette affiliation supposée. En 2006, le frontman du groupe, Till Lindemann, faisait part à Playboy de sa lassitude de devoir répondre sans cesse aux mêmes critiques : J'en ai assez des allégations selon lesquelles nous sommes un groupe de la droite dure », assurant que cela ne se reproduirait plus.