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CARMZIOFA
Rédacteur en Chef
Selection albums United Rock Nations Novembre 2026

Chers Urniens,

Novembre s’installe, et avec lui cette lumière qui s’éteint avant même la fin de l’après-midi. Les terrasses ont définitivement rendu les armes, les festivals d’été appartiennent à une autre vie, et la musique rentre à l’intérieur pour de bon. C’est la saison des salles pleines, des files d’attente sous la pluie et des manteaux empilés au vestiaire. Ce n’est pas la plus douce des périodes, mais c’est sans doute l’une des plus vivantes.

Et en parcourant la sélection de ce mois-ci, une chose nous a frappés : rarement un mois aura autant parlé de commencements et de fins. Il y a là deux groupes qui publient leur tout premier disque et posent la première pierre de ce qu’ils deviendront. Il y en a un autre qui tire sa révérence et signe, avec son deuxième album, son dernier. Il y a des vétérans qui reviennent après des décennies, et un homme qui a littéralement inventé un genre et qui, à ce stade de sa carrière, trouve encore quelque chose à dire sous son propre nom.

Un disque, pourtant, ne sait pas s’il est un premier ou un dernier. Il arrive, il se tient debout ou il ne se tient pas, et c’est tout ce qu’on lui demande. C’est aussi pour ça qu’on continue d’écouter des albums entiers chez United Rock Nations : parce qu’il n’y a que comme ça qu’on entend la différence entre un groupe qui démarre et un groupe qui a tout compris.

Difficile de commencer ailleurs que par Tony Iommi : ‘’From The Dark’’ est magistral et nous ramène droit au Sabbath de l’époque Dio. Forbidden répond avec un éponyme qui rappelle pourquoi les thrashers californiens restent cultes depuis 1985, et Goat Major signe avec ‘’Death Comes Twice’’ un adieu d’une rare élégance, le doom gallois dans ce qu’il a de plus précieux. Wolf nous enchante avec son heavy metal de haut vol. Callider emmène ‘’The Explorer’’ vers un power metal relevé d’un soupçon de death mélodique, pendant que Get The Shot concentre tout son hardcore stéroïdé dans les quatre titres de ‘’Crucifixion Depiction’’. Côté mélodies, Diamond Rain avance masqué sur ‘’Chapter One’’, entre le rock de Ghost et le disco des grandes heures de KISS ; Electric Guitars marie sur ‘’What Are We Waiting For’’ la pop des années 80 et les machines ; et Kabbel referme la marche avec ‘’When The War Is Over’’, un premier album qui fait danser ses angoisses.

Neuf disques, neuf univers. Du heavy metal fondateur au doom, du thrash au hardcore, du power metal à l’électro : novembre refuse lui aussi de choisir son camp, et c’est très bien ainsi.

Car notre sélection n’a jamais eu vocation à établir un classement ou à désigner le disque qu’il faudrait absolument préférer aux autres. Elle reflète simplement les coups de cœur d’une rédaction où chacun arrive avec son histoire, sa culture musicale et ses propres obsessions.

Novembre, c’est aussi Movember. Derrière les moustaches qui poussent un peu partout se cache un sujet dont les hommes parlent rarement : le dépistage des cancers de la prostate et des testicules, et plus largement la santé mentale. Quelques lignes dans un édito ne régleront rien, mais en parler une fois par an, c’est déjà ça.

Les soirées sont longues et les fenêtres resteront fermées. Aucune raison de baisser le son.

Bonne écoute et bon mois de novembre à tous !

Marc
Rédacteur en Chef
From The Dark

Le 5 juillet 2025, à Villa Park, Black Sabbath refermait son histoire devant le public de Birmingham, et Ozzy Osbourne s'éteignait dix-sept jours plus tard. On aurait compris que Tony Iommi range alors sa SG pour de bon. Un peu plus d'un an après, il revient pourtant avec son premier album solo depuis ''Fused'', gravé avec Glenn Hughes en 2005.

''From The Dark'' est l'œuvre d'un homme qui, au soir d'une carrière fondatrice, revient à ce qu'il sait faire mieux que personne, entouré d'un vrai groupe et d'un chanteur à sa mesure. L'album est magistral et nous ramène au Sabbath de l'époque Dio ! Magique !

Découvrez la chronique complète ici : https://www.unitedrocknations.com/chronique-from-the-dark-5219

Tony Iommi

Label BMG

Chapter One

Personne ne sait qui chante sur ''Chapter One'', et c'est précisément le propos. Diamond Rain avance derrière un masque argenté, celui d'un certain High Priest, flanqué d'un Arch Lector et de Faithful Disciples tout aussi anonymes. Les références revendiquées, Blue Öyster Cult, Roxette et KISS, disent bien l'ambition : marier le panache des arènes des années 1970 aux refrains lustrés de la décennie suivante. Quant au dispositif, impossible de ne pas penser à Ghost.

Le pari était risqué, et il est largement gagné. Là où tant de groupes de rock mélodique recopient les mêmes plans, Diamond Rain ose le déhanché disco et l'emphase seventies dans un même disque, avec assez de savoir-faire pour que l'ensemble tienne debout. ''Chapter One'' possède ce que beaucoup de premiers albums n'ont pas : une personnalité. Si le reste de la saga est de cette trempe, on suivra volontiers la procession.

Découvrez l'intégralité de la chronique ici : https://www.unitedrocknations.com/chronique-chapter-one-5213

Diamond Rain

Label Pride & Joy Music

Hour of the Wolf

Une face de cassette de quatre-vingt-dix minutes : c'est à cette unité de mesure d'un autre âge que Niklas Stålvind a taillé le dixième album de Wolf. Le choix n'a rien d'anodin après ''Shadowland'', paru en avril 2022, qui frôlait l'heure de musique et dont quelques passages manquaient de tenue. Entre-temps, les Suédois ont quitté Century Media pour figurer parmi les premières signatures de Fireflash Records, sans changer un seul musicien : le quatuor signe ici son troisième disque d'affilée dans la même formation, enregistré dans ses propres studios, avec le bassiste Pontus Egberg aux manettes.

Dix albums plus tard, Wolf n'a toujours aucune envie de se réinventer, mais il a compris qu'une tradition se défend mieux avec un peu de jeu dans les rouages. ''Hour of the Wolf'' est un disque concis, généreux, sincèrement divertissant, plus libre que ''Shadowland'' et mieux tenu aussi, qu'on remet volontiers en route une fois la dernière note éteinte.

Découvrez la chronique complète ici : https://www.unitedrocknations.com/chronique-hour-of-the-wolf-5236

Wolf

Label Fireflash Records

Crucifixion Depiction

Get The Shot ou la nouvelle sensation du metal hardcore en provenance du Québec. Il faut dire que les hivers sont rudes par là-bas et quelques moulinets de bras s’avèrent fort utiles pour chauffer les corps (et les esprits) de nos cousins sidérurgistes, au vu des parpaings métalliques qu’ils nous ont balancé dans la tronche ces quinze dernières années.

Désireux de nous présenter leur nouveau frontman et de fêter le retour au bercail du six-cordiste fondateur du gang, les Canadiens nous servent en guise d’apéritif un EP cinq titres, qui devrait rassurer ceux qui craignaient un changement d’orientation musicale.

Dotée d’une production qui sert admirablement les compositions, cette mini galette s’avère fort copieuse et promet un plat de résistance des plus alléchants. La suite, vite !

Découvrez la chronique complète ici : https://www.unitedrocknations.com/chronique-crucifixion-depiction-5231

Get The Shot

Label Arising Empire

The Explorer

''The Explorer'' est le second long de Callider, projet monté par le chanteur et multi instrumentiste Stefan Lang. Successeur d’un ''Southern Stars'' paru en 2023, ce nouvel opus délaisse les vikings et la science-fiction pour aborder des thèmes plus profonds et universels comme l’origine de l’Homme, son évolution et sa place dans l’univers. Ainsi la pochette présente-t-elle un navire polynésien, symbole de l’humanité, voguant en eaux troubles mais guidé par les étoiles.

Riche, varié, extrêmement plaisant, ''The Explorer'' n’a qu’un seul défaut, sa courte durée. Si certains artistes pêchent par excès, on en aurait bien pris ici pour deux ou trois compos de plus.

Découvrez l'intégralité de la chronique ici : https://www.unitedrocknations.com/chronique-the-explorer-5218

Callider

Label Motor Entertainment

Death comes twice

En parfait disciple de la secte des adorateurs de Black Sabbath, le trio invoque les forces de la nature au moyen d’un titre mid-tempo, pachydermique et d’une beauté sombre et enivrante.

Véritable coup de force de la part du trio gallois, ce dernier se révèle un album surprenant habité par des forces païennes et surnaturelles qui se déguste non sans un certain plaisir coupable comme on lirait un vieux grimoire.

Découvrez la chronique en intégralité ici : https://www.unitedrocknations.com/chronique-death-comes-twice-5221

GOAT MAJOR

Label Ripple Music

What Are We Waiting For

Un groupe baptisé Electric Guitars qui se met aux synthés et aux boucles : l'histoire avait de quoi faire sourire, et elle ne fait pas sourire tout le monde. Cinq ans après ''Freewheeler'', hard rock nerveux à la sauce punk, encore très attaché à ses racines des années 70 et 80, les Danois publient leur sixième album avec une règle du jeu renversée.

Personne ne réclamait d'Electric Guitars une telle remise à plat, et c'est sans doute la meilleure raison de la saluer. Et entre un énième album de rock bien propre sur ses bases et cette prise de risque imparfaite, le choix est vite fait. La question du titre a trouvé sa réponse : les Danois n'ont plus voulu attendre. Un album ambitieux et parfaitement réussi.

Découvrez la chronique complète ici : https://www.unitedrocknations.com/chronique-what-are-we-waiting-for-5235

Electric Guitars

Label Mighty Music

When The War Is Over

Dans le clip de 'Fiction Clouds', Gregory Hoepffner se retrouve nez à nez avec une version plus jeune de lui-même, dans un décor d'hôpital psychiatrique noyé de bleu. L'image colle assez bien à ce premier album. Le Français installé à Göteborg, vingt ans de métier derrière lui et plusieurs autres projets en parallèle, dit y avoir cherché la fièvre de ses premières chansons, écrites à quinze ou seize ans, avec le savoir-faire acquis depuis.

En trente-cinq minutes sans gras, ce thème donne au disque sa cohérence, bien plus qu'une recette sonore unique. La guerre du titre n'est donc pas finie, et Kabbel ne fait pas semblant de croire le contraire. Il en tire un disque de survivant, dansant et meurtri, qui prouve qu'on peut soigner ses refrains sans rien édulcorer de ce qu'ils racontent. ''When The War Is Over'' frappe fort et installe Gregory Hoepffner parmi les voix à suivre de la scène indus et synthétique.

Découvrez la chronique complète ici : https://www.unitedrocknations.com/chronique-when-the-war-is-over-5234

Kabbel

Label Music of the Void

Forbidden

Il aura donc fallu attendre 16 ans (et pas une de moins) pour que les thrashers californiens de Forbidden donnent naissance à un nouvel album, lequel succède à « Omega wave » (sorti en 2010). Entre temps, le groupe aura connu moult changements de line-up. Il faut dire que Forbidden a vu défiler en son sein un paquet de grands noms du thrash comme Gene Hoglan (ex-Death, Testament) ou Paul Bostaph (Slayer).

Forbidden démontre qu’il n’est pas un groupe de thrash de plus mais une formation dotée d’une véritable originalité et capable de s’affranchir des clichés du genre.

Découvrez la chronique complète ici : https://www.unitedrocknations.com/chronique-forbidden-5232

Forbidden

Label BLKIIBLK records