Quand on entre dans ''The Hundredth Night'', la première chose qui frappe, c'est cette tension permanente entre deux pôles vocaux. Les deux chanteurs de Monnekÿn ne se contentent pas de se répartir les couplets : ils incarnent deux états d'âme qui se répondent, l'un plus rageur, l'autre plus meurtri, dans une dynamique qui doit autant à Deftones qu'à Staind, avec ce grain Nirvana qui ressurgit par moments dans la manière de poser une mélodie sur une plaie ouverte.
Quatre titres suffisent à poser une direction claire : celle d'un groupe qui a compris que la meilleure manière de fédérer un peuple, c'est encore de lui parler avec une sincérité qui ne fait pas de concession.
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Label Autoproduction
Il y a des groupes qui débarquent avec un concept savamment travaillé, et puis il y a The Camel Crew, qui débarque avec une bande de cousins, deux amplis et une envie de s'amuser qui se sent à des kilomètres. Premier EP, donc premier vrai coup d'envoi pour ce quatuor qui revendique une filiation directe avec l'indie rock'n'roll le plus solaire qui soit : on pense aux Arctic Monkeys période garage, aux Strokes, à The Drums ou à The Vaccines, le tout enrobé d'une élégance mélodique qui doit beaucoup aux Beatles, version dépoussiérée. Une manière de prévenir : on n'est pas chez The Camel Crew pour la sophistication, mais pour l'instinct et la franche camaraderie.
The Camel Crew n'a besoin ni de complexité ni de durée pour s'imposer, juste d'une poignée de minutes bien senties et d'un sourire en coin. De quoi donner furieusement envie de voir cette fraîcheur nantaise débarquer un jour près de chez vous.
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Label Autoproduction
Il y a des disques qui sortent au mauvais moment, sur le mauvais label, devant le mauvais public, et qui finissent par devenir des objets de désir précisément parce qu'on est passé à côté la première fois. ''Incendiary'' appartient clairement à cette catégorie. Sorti en 2017 sur AOR Heaven, l'unique album de Code Red n'avait, à l'époque, pas bénéficié de l'exposition d'un Frontiers ou d'un autre poids lourd du genre, et s'était discrètement glissé entre les mailles du filet d'une scène mélodique pourtant aux aguets. Près d'une décennie plus tard, le disque a eu le temps de se forger une réputation de petite pépite scandinave, devenant un classique de niche des années 2010 et une rareté que les collectionneurs s'arrachaient. Pride & Joy Music corrige aujourd'hui cette injustice avec une réédition qui vient lui redonner toute sa place.
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Label Pride & Joy Music
L'événement de cet album, c'est évidemment la présence de Tim Armstrong de Rancid à la coproduction et même à la guitare lead sur certains morceaux — une collaboration qui n'a rien d'un coup marketing puisque le chanteur de Rancid avait déjà mis la main à la pâte sur ''Internationally Unknown'' quelques années plus tôt. Mais c'est surtout les conditions d'enregistrement qui donnent à ''Crash!'' sa texture si particulière : le groupe a planté deux cabanons dans le jardin de la chanteuse Suzi Quatro.
Dix-huit titres en quarante et une minutes : ''Crash!'' ne traîne jamais en route, et c'est précisément ce qui en fait sa force. Même le visuel de la pochette, fabriqué selon des méthodes pré-numériques, refuse toute forme de lissage pour rester fidèle à cette urgence physique et tactile qui irrigue tout le disque.
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Label Hellcat Records
On ne présente plus Napalm Death, chef de file du grindcore anglais, qui a vu passer dans ses rangs plus de membres que Clara Morgane dans…Bref, une institution de la violence sonore dont fait partie le bassiste Shane Embury, en poste depuis 1988, ce qui fait de lui le plus ancien musicien de la formation de Birmingham. Faut-il y voir la conséquence de cet album solo aux antipodes de la musique extrême, rejet potentiel d’un excès de décibels ? Pas totalement.
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Label Autoproduction
Remis sur le devant de la scène depuis deux décennies maintenant, le revival thrash n’en finit plus de faire des petits. Dernier rejeton en date, les Danois Speedslut, formés en 2023 à Aalborg. Après un premier EP paru en 2025, le combo s’essaie au long format avec ce ''Cimbrian Rites'', véritable machine à remonter le temps qui nous propulse quarante ans en arrière.
Loin de renouveler le genre, ''Cimbrian Rites'' n’en demeure pas moins un disque réjouissant, à la fraicheur juvénile indéniable, qui vous fera ressortir votre veste à patches et vos baskets montantes. On n’en demandait pas plus.
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Label Listenable Records