Voici donc le dernier volet de la trilogie ''Opus Noir'' entamée en aout dernier et qui témoigne de l’ambition d’une formation qui ne craint pas de prendre des risques. En effet, sortir trois disques en l’espace de neuf mois relève de l’inconscience voire de la folie à une époque où l’industrie du disque ne cesse de péricliter.
Cela n’a pas semblé inquiéter nos Teutons, conscients de l’ampleur de la tache et déterminés à donner le meilleur d’eux-mêmes.
Si le volume 2 s’était révélé moins marquant que son prédécesseur, qu’en serait-il de ce troisième tiers de trio ?
'Kill The Lights' apporte une première réponse à cette interrogation. S’ouvrant à la manière d’un 'Mein Hertz Brennt' d’un autre sextette allemand, cet opener bifurque rapidement vers un up-tempo assez pop dans l’esprit, soutenu par de grosses guitares pour un rendu accrocheur qui fait taper du pied.
Le combo excelle toujours à pondre des titres où guitares lourdes et claviers aériens se mêlent en totale osmose, en témoigne l’über-accrocheur 'Your Love Is Colder Than Death', traversé d’un délicat pont au piano.
Soucieux de donner le meilleur à ses fans, le gang de Hambourg soigne ses chansons au maximum, tant dans la composition que dans l’interprétation. Simples mais jamais simplistes, les structures cherchent l’accroche et l’efficacité pour un plaisir d’écoute optimal ('My Funeral', 'Square One').
Fidèles complices d’une section metal solide, les arrangements enjolivent les pistes et apportent une ambiance tantôt mélancolique, tantôt enlevée, la forme exprimant le fond de la manière la plus juste.
'When Did The Love Break' et 'Take Me Far Away' se placent dans la première catégorie et témoignent de la qualité vocale d’un Chris Harms toujours au top, ici en duo avec Ambre Vourvahis et Damien Edwards pour des prestations de haute volée.
'La vie Est Hell' le voit même s’adonner à la langue de Molière, en compagnie d’Hannes Braun cette fois-ci, démontrant l’envie du frontman de sortir de sa zone de confort. Un titre qu’on souhaiterait bien évidemment voir interprété sur les dates françaises.
Dans un registre plus dynamique, citons 'My Funeral' au riffing saccadé proche d’un Rammstein des débuts et le dansant 'I Hate People', que le trublion Wednesday 13 saupoudre d’une touche d’industriel tout droit sorti des années 80. Tous les atours d’un évident single à même d’enflammer les dancefloors.
Cet ultime volet se referme sur 'The Days Of Our Lives', piste ambiante dénuée de section metal et qui voit l’ami Chris se livrer sans retenue. Belle manière de clôturer ce cycle noir, œuvre-somme riche de musique et d’émotions.
Pari gagné pour Lord Of The Lost qui, avec ce triple album, prouve que quantité rime aussi parfois avec qualité. Deutsche Qualität approved !