Samedi : quatrième et dernier jour du Mystic festival 2024, avec de grands noms à l'affiche. Kerry King, Bring me the Horizon, Enter Shikari… Bon, comme d'habitude, ce ne sont pas les têtes d'affiche qui attirent le plus mon attention. Dans mes envies, on retrouve notamment The Last Decade, Dark Funeral, Lamp of Murmuur et Satyricon. S’y trouve également Lord of the Lost, qui devait jouer ici même l'an dernier, mais qui suite à des soucis de montage de scène, n'avait pas pu.
Petit check météo, il ne devrait pas pleuvoir avant la fin de soirée, c'est rassurant, même si on prend l'info avec des pincettes. On est ici en bord de mer et le temps peut très vite changer. Ça ne manque pas, à 13h, on est sur le chemin du resto de pierogi (encore) lorsqu'il commence à pleuvoir.
Bon, les concerts ne commencent qu'à 14h30, donc on peut se permettre de rester optimistes. Petite vérification du line-up du jour et on apprend sur l'appli du festival (décidément elle est pratique), que Wargasm, qui était censé ouvrir la mainstage pour aujourd'hui, n'a pas pu venir suite à des ennuis automobiles. Le groupe est coincé en Allemagne, où ils ont joué hier. Heureusement, le festival est prompt à se retourner et un remplacement est trouvé, dans le groupe Mulk, issu de la scène locale. On ne les verra pas (la faute au resto ou on prend notre temps), mais il est appréciable de voir que le festival sait se retourner rapidement.
Le temps de finir de manger (certains diraient s’empiffrer) et on roule à moitié vers le festival pour voir Lord of the Lost. La main stage est un peu déserte lorsqu'on arrive, un peu moins de 10 minutes avant le début du set, mais ça se remplit vite. Lorsque les allemands débarquent sur scène, ça ressemble à un concours de “qui est le plus heureux d'être là” entre le groupe et son public. Lord of the Lost nous déroule un set assez metal, qui enflamme la foule. Ils finissent sur Blood and glitter, de l'album éponyme. C'est cette chanson qui leur avait valu la dernière place à l'Eurovision 2023 (faut-il préciser que cela nous semble injuste ?).

S'ensuit une demi-heure de pause, durant laquelle on décide de ne pas bouger. Bewitched, 1000mods et Wyatt.E jouaient dans l'intervalle sur d’autres scènes, mais il semble que l'affluence ait augmenté sur ce dernier jour du festival. Cela rend les déplacements d'une scène à l'autre moins fluides. On préfère donc s'épargner le piétinement aller-retour, car le suivant sur la mainstage est Kerry King, qui ne manquera pas d'attirer du monde !
C'est en effet le cas, et le guitariste de Slayer débute devant une fosse comble. Il débarque sur scène (portant un t-shirt de lui-même) avec une énergie détonante. Le thrash metal n'est pas mon style préféré, mais ma mauvaise foi ne va pas jusqu’à prétendre que ça ne fonctionne pas. Pour les fans de Slayer, on aura le plaisir d'entendre Reign in Blood et God Hates us All (et peut-être d'autres que je n'ai pas su identifier).

Le déplacement vers la Park stage confirme notre impression de foule et on piétine pas mal pour aller voir Dark Funeral. Ce qui est l’occasion d’un petit sondage pour les amateurs de festival parmi vous : Emportez-vous votre enceinte Bluetooth sur le site concert des festivals où vous allez ? Ici, certains le font à l’évidence, avec de la musique qui tourne à faible volume entre les concerts (Et on cherche toujours l’intérêt !).
Arrivés sur place, un backdrop de qualité, du corpsepaint, pas de doute, on est bien devant les suédois de Dark Funeral. Un son lourd, sombre qui mériterait un créneau après la tombée de la nuit pour être apprécié à sa juste valeur.

L’appel de la soif se fait sentir et nous fait migrer au bout de trois titres, en direction du bar à gin. Les bars à cocktails sont séparés par type et répartis sur l’ensemble du site. Sur chacun, une marque est à l’honneur (et est souvent la seule marque présente). Pour le gin, c’est Tankeray (qui remplace bombay sapphire l’an dernier), pour le rhum un bar Bacardi et un bar Kraken et pour le whisky, c’est Monkey Shoulder. L’an dernier, on avait un bar Zubrowka pour la vodka, mais je ne l’ai pas vu cette année. À ajouter à cela, il y a bien sûr le bar Jägermeister, mentionné dans l’article du premier jour. On peut acheter du soft à peu près partout et il y a environ deux bars à bière pour chaque bar à cocktail. Jusqu’ici, nous n’avons jamais eu à faire la queue pour être servis. Mais là, en arrivant, on voit une dizaine de personnes attendre au bar Tanqueray. On s’habitue vite au luxe, car on décide que ça représente trop d’attente. On se rabat donc sur le bar Jägermeister, où on est immédiatement servis.
L’idée est de siroter tranquillement notre cocktail puis d’aller voir Lamp of Murmuur, qui joue sur la Sabbath stage. Problème, lorsqu’on arrive pour le début du set, la salle est complètement comble et pour éviter la crise d’ochlophobie et de claustrophobie, on fait l’impasse dessus. En repartant, on aperçoit High Vis sur la Desert stage. La foule y est compacte, mais très mobile, signe que le groupe de punk hardcore doit faire les choses correctement.
La suite logique des choses serait sans doute d’aller se placer pour voir Enter Shikari, qui joue dans dix minutes sur la mainstage.

Mais on se fait happer au passage par un canapé qui traîne là (le site du festival regorge d’endroits où se poser confortablement). Je confesse y fermer les yeux quelques minutes. Quelques longues minutes, car lorsqu’on se relève, on approche de l’horaire de fin de leur set. En quittant le B90, on passe devant l’écran géant qui retransmet en direct le concert de la main stage (ou la Park stage lorsqu’elle est active). Ici, une trentaine de festivaliers y regardent tranquillement les anglais jouer, depuis le confort de chaises longues placées là à cet effet. On y fait donc une courte pause pour apprécier la musique. On pourrait se rendre sur place, mais c’est bientôt le début de Satyricon sur la Park stage, et je risque de devenir célibataire assez rapidement si on n’est pas bien placés pour ça.
Direction la Park stage, donc, où la foule commence déjà à s’assembler alors que le groupe précédent joue encore sur la mainstage. En même temps, peut-être qu’entre Satyricon et Enter Shikari, on n’est pas exactement sur le même public. Les deux norvégiens de Satyricon n’ont pas fait de live depuis cinq ans (même si Frost a tourné avec 1349). On est donc impatient de les voir jouer. Lorsque ça commence, on est tout de suite dedans. La setlist est assez exceptionnelle et on a l’impression d’avoir affaire à un best-of. Nergal de Behemoth postera en story sur instagram « merde, je ne m’attendais pas à ce joyau sur la setlist » en parlant de Forhekset si je ne m’abuse, et ça résume bien ce qu’on ressent tout de suite. On finit le set sur la chanson « King » et ça ferait une conclusion parfaite pour cette excellente édition du Mystic festival, mais il reste plusieurs groupes à jouer.

J’aurais bien aimé voir Orange Goblin, dont le set a débuté depuis plus d’une heure sur la desert stage. On commence donc à se diriger dans cette direction. Sauf qu’on s’aperçoit rapidement qu’il y a beaucoup de monde et Bring Me the Horizon vient de commencer sur la mainstage. On hésite un peu, mais on finit par faire demi-tour pour jeter un œil à la prestation des anglais.
Il y a du monde devant cette main stage, mais on circule assez facilement dans la foule, jusqu’à un certain point. De là, on peut découvrir une scénographie impressionnante, sur trois niveaux, qui permet aux membres du groupe de rester très mobiles. Des écrans géants pour backdrop et sur la dernière marche affichent des images dynamiques pour coller à chaque chanson, donnant presque l’impression de regarder un clip.

À la moitié du set, on décide d’aller prendre le dernier verre avec les copains, pour finir avec Chelsea Wolfe dans 45 minutes. De retour au bar à gin, on est ravis de constater qu’il n’y a plus d’attente. On se pose donc dans des transats pour échanger nos impressions du festival. Celles-ci sont très largement positives. On a retrouvé l’atmosphère et le confort qui nous avaient séduits l’an dernier. La programmation était bonne, même si on n’égale pas l’édition 2023. On est à peu près unanimes, il faudra un cas de force majeure pour que l’on ne revienne pas l’an prochain !
Dix minutes avant Chelsea Wolfe, on s’extrait des transats, non sans tester l’un des hamacs juste à côté (oui, ça a vraiment des allures de camp de vacances). Lorsqu’on arrive devant la Park stage, à l’heure du set, quelques gouttes commencent à tomber. On sort donc les pulls à capuches (on n’a toujours pas d’imper) et on croise les doigts pour que ça ne s’intensifie pas trop, en vain. Deux minutes plus tard, c’est un véritable déluge qui s’abat sur nous. En quelques secondes, on est complètement trempés. On se déplace un peu pour essayer de se mettre à l’abri, mais même sous un parasol, la pluie semble nous atteindre à l’horizontale. Chelsea Wolfe remercie ceux qui bravent la pluie pour rester à l'écouter. Mais on n’en fait pas partie longtemps et on rentre sans voir plus d’un morceau de la chanteuse, très déçus.

Malgré cette dernière note négative, on repart extrêmement satisfait de ce festival et c’est sans trop m’avancer que je lui dis « à l’année prochaine ! ».
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