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Shiki

Julien Pingenot
Journaliste

Sigh

La légendaire formation japonaise Sigh nous a encore donné un fantastique album !
10 titres
Black/Avant-garde Metal
Durée : 46
Sorti le 26/08/2022
1825 vues

La légendaire formation de black japonais Sigh est de retour en cette fin août avec son douzième album : "Shiki". Pour ceux qui découvrent la formation avec cet album, sachez que Sigh fait partie des premières formations Black Metal à émerger du japon. C’est en 1993 que Sigh sort "Scorn Defeat", album incontournable du genre et sorti sur le légendaire label Deathlike Silence, label du tout aussi légendaire Euronymous. Bien que signé sur un label norvégien, Sigh ne donnait pas dans le Trve Black, on sentait déjà de nombreuses influences comme le heavy ou des musiques plus traditionnels japonaise ainsi qu’un imaginaire directement tiré du folklore japonais. Sigh est un des acteurs majeurs de la scène black et sa tête pensante, Mirai Kawashima, est éminemment respectée des milieux underground extrêmes tant sa contribution passée comme présente est grande. Sigh n’en a que faire des limites d’un genre et chaque sortie d’album est un petit évènement tant Sigh sait rester intemporel et original. Pour votre information, en plus des récurrents Satoshi Fujinami (basse) et de sa femme Dr.Mikannibal (Chants et Saxophone), Mirai est accompagné de Frédéric Leclercq (Kreator, Loudblast, ex Dragonforce) à la guitare et Mike Heller (Fear Factory) à la batterie.

Comme pour chaque album des japonais, il va être difficile d’en faire une synthèse digeste tant ce nouvel album est d’une richesse folle. Bien qu’étiqueté black metal, le spectre musical de Sigh est d’une diversité sans limite, sur un album de Sigh on passe très facilement du Black au heavy en passant par de l’ambient ou encore de la musique traditionnelle et bien plus que ça encore.

Après la pas très utile introduction "Kuroi Inori", le très doom "Kuroi Kage" commence véritablement l’album. "Kuroi Kage" est un morceau typique de Sigh, varié, riche en rebondissements et exécuté à merveille. Le plus rentre-dedans "Shoujahitsumetsu" nous rappelle que Sigh est un groupe de black à la base. Malgré son âge (52 ans) Mirai est encore capable de nous terrifier avec son chant black toujours aussi puissant. "Shikabane" est plus théâtral dans son approche, les synthés sont beaucoup plus présent et les passages de percussions tribales apportent une tension fantastique au morceau. "Satsui – Geshi No Ato" est le deuxième single à avoir été dévoilé. C’est un de mes morceaux préférés de l’album, les chœurs sont très prenants et le solo m’a à chaque fois. De plus, lors de sa diffusion, le morceau était tronqué et le groupe avait volontairement omis la seconde partie ambiante/électro/noise du morceau. Cette parenthèse nous introduit au morceau suivant "Fuyu Ga Kuru", morceau beaucoup plus planant, mélancolique avec quelques pointes plus véloces. "Shouku" est moins alambiqué que certains des morceaux précédents, plus simple dans sa structure mais ce n’est pas pour autant qu’on reste sur le carreau. En effet, le passage de synthé ou encore les chœurs font plaisir mais c’est surtout le solo de guitare totalement épique que M.Frédéric Leclercq nous sert qui rend le morceau fantastique ! (On ressent bien les années passées chez Dragonforce). L’interlude "Kuroi Kagami" vient temporiser après la déferlante "Shouku" pour passer à "Mayonaka No Kaii". Comme ce fut le premier single, pas besoin de trop vous le décrire alors passons à la conclusion "Touji No Asa", morceau de pur ambient qui conclut un album absolument magistral !

Dans les quelques interviews que Mirai à donné pour la promo de "Shiki", il explique que cet album traite de sa peur de la mort, de l’après. C’est d’ailleurs pourquoi je trouve que "Shiki" est un album plus direct, plus sombre ou l’expérimentation musicale est un peu mise en retrait par rapport aux précédents efforts du groupe. Attention, la composition est toujours aussi riche, le passage jazz sur "Kuroi Kage" est fantastique ou encore l’utilisation de multiples instruments traditionnels comme ces tambours sur "Shikabane" montrent que Sigh n’a rien perdu de sa superbe mais par rapport à un album comme "Imaginary Soniscape" ou "In Somniphobia", je trouve "Shiki" plus sage. J’ai l’impression que Sigh opère un retour aux sources pour nous donner une œuvre beaucoup sincère et frontale sur ses multiples angoisses. C’est d’ailleurs pour cela que le chant est entièrement en japonais car cela donnait à Mirai une liberté totale de ton pour retranscrire au mieux ses émotions sans se prendre la tête à les traduire en anglais.

Pour conclure, ce nouvel album des japonais est une nouvelle fois une expérience qui vaut le détour. Mirai est toujours aussi inspiré et nous délivre un album fantastique aux nombreux niveaux de lecture.