Skeud de reprises, « Orgy Of The Damned » montre une autre facette, vraiment intéressante et rafraichissante, des gouts et intérêts du célèbre guitariste au haut de forme. « Rock on, Blues on ».
Volai deux ans, Slash et ses Conspirators nous livraient leur quatrième méfait sobrement baptisé « 4 ». Il s’agissait là du premier album du label Gibson Records nouvellement crée. Présentement, toujours pour ledit label, celui qui est Global Brand Ambassador pour de l’emblématique luthier depuis 2017 revient avec « Orgy of the Damned ».
Cet opus se démarque sur deux points. D’abord, les habituels conspirateurs et Myles Kennedy ne sont pas de la partie. Ici, le guitariste chapeauté a convié une dizaine de vocalistes issus d’horizons différents, comme il l’avait fait pour son 1er effort sans titre sorti sous son surnom en 2010. Ensuite, les douze morceaux proposés (onze revisites et un inédit spécialement écrit par notre guitar hero en personne pour l’occasion) rendent hommage … au blues. Entre son projet Slash's Blues Ball du milieu des 90s, ses jams répétés avec la légende B.B. King, ou encore ses participations à divers Tribute to Les Paul, on sait depuis longtemps que le six-cordiste des Guns N’Roses apprécie ce style.
Les chansons sélectionnées mélangent classiques du genre et pépites moins connues. Les interprètes repris sont quasi tous des figures notoires du blues ou du rock : Steppenwolf, Robert Johnson (le gars qui aurait vendu son âme au diable pour devenir un Dieu du Blues), Muddy Waters, Peter Green (Fleetwood Mac), Howlin' Wolf, Albert « The Velvet Bulldozer » King, Allman Brothers Band, The Temptations … ou encore Stevie Wonder.
La liste des invités n’a rien à envier. Les appropriations se veulent fidèles aux compos sources ('The Pusher' feat. Chris Robinson de The Black Crowes, 'Oh Well' avec le musicien de country Chris Stapleton). Peu de libertés et retouches. Tout est fait dans le respect et avec classe. Certaines pistes sont enlevées ('Crossroad Blues' avec Gary Clark Jr, 'Key to the Highway' feat. Dorothy Martin, 'Killing Floor' avec Brian Johnson d’AC/DC au chant et Steven Tyler d’Aerosmith à l’harmonica). D’autres sont plus posées et lentes ('Hoochie Coochie Man' en compagnie de Billy F. Gibbons de ZZ Top, 'Stormy Monday' avec une impériale Beth Hart). Tout en retenu, l'iguane Iggy Pop l'iguane nous surprend par son traitement minimaliste et acoustique inattendu (le mélancolique 'Awful Dream'). Quels régals pour les esgourdes.
Avec le producteur Mike Clink, Slash a opté pour une approche générale se voulant dépouillée, spontanée et misant sur « l’improvisation ». Les enregistrements ont été faits en conditions « live » pour mieux capter l'énergie, l'émotion et le coté chaleureux recherchés. Le guitariste du groupe de rock n roll « le plus dangereux du monde » s’est clairement fait plaisir à travailler ces riffs qui l’ont « fait rêvé » (on cite le monsieur). L’anglo-américain s’est même autoriser un petit détour vers le soul et R&B (la funky 'Papa Was a Rolling Stone' avec Demi Lovato, 'Living for the City' avec un Tash Neal habité). Histoire de lâcher quelques derniers leads, Slash s’est réservé la plage de fin (l’instrumentale 'Metal Chestnut').
Pour sa première exploration en terrain blues rock (du moins sur disque), Slash et son collectif de grands noms du rock rendent hommage au genre et à plusieurs sommités références. Skeud de reprises, « Orgy Of The Damned » montre une autre facette, vraiment intéressante et rafraichissante, des gouts et intérêts du célèbre guitariste au haut de forme. « Rock on, Blues on ».