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4

FRED H
Journaliste

Slash

Pas mauvais mais n’est pas transcendant non plus. Connaissant les possibilités de Slash et de ses accompagnants, on attend un peu plus que « juste passer un moment agréable ».
10 titres
Heavy Metal
Durée : 43 min 45
Sorti le 11/02/2022
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« Living the Dream », le troisième méfait commis par Slash featuring ses conspirators et Myles Kennedy, est sorti en septembre 2018 (on ne compte pas l’effort sans nom de 2009 livré en compagnie d’une kyrielle d’invités). Après la tournée, chacun à vaquer à ses affaires. Myles a publié « Walk The Sky » (2019) avec ses potes d’Alter Bridge avant de nous offrir son second opus en solo « The Ides of March » (2021). Les conspirateurs ne sont pas restés inactifs non plus (le projet Toque pour le bassiste Todd Kerns et le batteur Brent Fitz, gigs avec Wolfgang Van Halen pour le gratteux Frank Sidoris). De son côté, le guitariste chapeauté a continué les concerts avec son (ex)combo Guns N’ Roses. On a même eu le droit à un inédit de GNR ('Absurd') et les bruits de couloirs laissent penser qu’un skeud serait en préparation. Peu enclin au repos, l’anglo-américain a aussi lancé sa marque de vêtements (avec Adidas), produit des films d'horreur, et est apparu ici et là pour différents livestream, œuvres caritatives, et autres featurings.

Quoi qu’il en soit, quand le monde s’est « arrêté » en 2020 (pandémie oblige), le gars au haut de forme et sa clique ont profités des confinements imposés pour bosser sur la future galette de SMKC. Face aux « merdes » (c’est comme cela qu’il les appelle) subies en cette année tellement particulière, l’anglo-étasunien ne se voyait pas donner un titre d’album qui aurait eu un lien avec tous ces événements. Du coup, il a donc opté pour un sobre et juste « 4 ».

Pour cette « quatrième » livraison, deux choses ont changé par rapport à précédemment. D’abord, les engagements avec la maison de disques Roadrunner touchant à leur fin, Slash a décidé de s’associer avec l’emblématique luthier Gibson qui venait de créer son propre label (avec un accord de distribution via BMG). Notre guitar hero (qui est l’un des nombreux ambassadeurs de la marque depuis plusieurs années) est donc la première signature de ladite structure.

Ensuite, voulant un disque « rock », notre six-cordiste a choisi de bosser avec le producteur David Cobb. Réputé pour enregistrer « à l'ancienne » (comprendre « en direct live »), l’homme aux manettes de rondelles pour Rival Sons, The Highwomen, ou Chris Stapleton, remplace présentement Michael « Elvis » Baskette (qui avait goupillé « World On Fire » et « Living The Dream »). Les dix morceaux proposés ont été mis en boite à Nashville en seulement cinq jours. Tout a été capté dans les conditions du live pour retranscrire « l’énergie et l’ambiance » qui existent lors de prestations en public. Tout le monde à jouer ensemble et dans la même pièce (hormis Myles qui était seul dans sa cabine). Toujours de l’esprit se garder une certaine spontanéité, les soli de guitares ont été chopés en une ou deux prises, pas plus.

A l’écoute des morceaux, on note que l’adepte des Les Paul est toujours aussi à l’aise avec son manche et son médiator. Il réussit à nous balancer des riffings loin d’être dégueulasses ('The River Is Rising' et ses accents FM). Ses leads sont bien chiadés également (l’enjoué et entrainant 'C'est La Vie'). La « touche » Cobb se reconnait assez vite avec ces sonorités « rock » et organiques qu’il aime apporter. L’acoustique est parfaite. On ressent bien les côtés brut, old-school et authentique recherchés ('Whatever Gets You By'). Chaque instrument ressort comme il faut (les guitares en tête mais aussi la batterie).

Malheureusement, malgré l’exécution sans véritable reproche, on reste un peu sur sa faim. Certes, on a plusieurs tentatives d’aller voir ailleurs. Une errance blues-rock ici ('The Path Less Followed'), un petit virage fusion par-là ('April Fool'), une sortie de route heavy rock ('Call Off The Dogs'), et même quelques légers accents venus d’orient ('Spirit Love'). Mais tout cela reste assez convenu et un peu frustrant pour l’auditeur.
Bien que l’ensemble des chansons soit plutôt homogène, ça manque de véritables accroches qui restent en mémoire après écoutes. Certaines compos sont moins inspirées et font un peu redites avec ce qu’on connait déjà (la power ballad 'Fill My World', le rock 70’s 'Fall Back To Earth').

A la finale, « 4 » n’est pas mauvais mais n’est pas transcendant non plus. C’est évidemment bien exécuté et on trouve quelques idées, riffs et leads de grattes à la hauteur des capacités de Slash. Connaissant justement les possibilités du monsieur et de ses accompagnants, on attend un peu plus que « juste passer un moment agréable ».