Slash aime le Blues. Depuis des décennies, en marge de ses autres groupes (Guns N' Roses, Slash's Snakepit, Velvet Revolver, parcours solo avec ses Conspirators), et parmi sa très longue liste de collaborations diverses, le guitariste anglo-américain a participé à de nombreux « Tribute » (pour Les Paul, Muddy Waters, …) et autres jams (avec B.B. King, …).
Voilà dix-huit mois (mai 2024), entouré par une dizaine de vocalistes issus d’horizons différents (dont Brian Johnson d’AC/DC, Billy F. Gibbons de ZZ Top, Beth Hart, Iggy Pop), le Global Brand Ambassador du luthier Gibson publiait « Orgy of the Damned », disque de reprises de standards blues et rock. Dans la foulée, le six-cordiste au chapeau haut-de-forme donnait une vingtaine de concerts avec son réactivé Slash's Blues Ball (comprendre Teddy « ZigZag » Andreadis aux claviers/harmonica/vocaux, Tash Neal à la gratte rythmique et au chant, Johnny Griparic à la basse et Michael Jerome aux baguettes).
Ce présent « Live At The S.E.R.P.E.N.T. Festival » (acronyme de Solidarity, Engagement, Restore, Peace, Equality N' Tolerance) est la captation audio et vidéo du gig joué par cette sympathique clique le 17 juillet 2024 au Mission Ballroom dans le Colorado. La setlist reprend huit covers présentes sur l'album de l'an passé. Tout en restant respectueux et fidèles aux compos sources, le guitar hero du combo de rock n’ roll « le plus dangereux du monde » et ses musicos rendent hommage à plusieurs sommités références qui ont façonné les genres choisis (Howlin' Wolf, Booker T. & the MG’s, Fleetwood Mac, T-Bone Walker, Robert Johnson, ...).
On ressent la complicité entre le maître ès gratte désormais sexagénaire (il a soufflé ses 60 bougies en juillet dernier) et ses acolytes. Les titres dégagent une belle énergie communicative ('Born Under a Bad Sign', 'Cross Road Blues', 'Oh Well'). Bien que parfaitement rodée, la formation profite de ces interprétations live pour étirer certaines chansons sur dix minutes ('Papa Was a Rollin' Stone' aux accents funky, le très très « blues for your shoes » 'Stormy Monday').
En plus de ces titres déjà connus, Slash & cie ont également intégré cinq nouvelles revisites dont trois placées en rappel/fin de gig. Là aussi, l’adepte de guitares Les Paul livre des solos loin d’être dégueulasses ('Parchman Farm Blues' de Bukka White, 'Big Legged Woman' de Freddie King). Soutenu par sa petite bande, il nous embarque en territoires country ('It Takes a Lot To Laugh, It Takes a Train To Cry' de Bob Dylan) et boogie rock (l’endiablé 'Shake Your Money Maker' de Elmore James). L’équipe se laisser aller à jammer pour une version étendue et tonitruante d’un classique du The Jimi Hendrix Experience (('Stone Free').
Ce « Live At The S.E.R.P.E.N.T. Festival » de Slash est un complément idéal à son matériel studio ainé. Let’s Rock, let’s blues.