BEHEMOTH
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Black Metal (early), Black/Death Metal (later)

Opvs Contra Natvram
Schnabel
Journaliste

BEHEMOTH

«Nouveau là un Behemoth qui s’affirme, qui sait montrer sa maturité. Quatre ans d’attente qui ont permis de peut-être sortir l'un des meilleurs albums de leur discographie.»

10 titres
Black Metal (early), Black/Death Metal (later)
Durée: 43 mn
Sortie le 16/09/2022
810 vues
On avait plus que hâte ! Et ils sont enfin là, les quatre cavaliers de l’apocalypse ! Ce n’est que pure folie. Les polonais, Adam « Nergal » Darski (chant, guitare), Zbigniew « Inferno » Prominski (batterie), Tomasz « Orion » Wroblewski (basse, chant), Patryk « Seth » Sztyber (guitare, chant), reviennent plus déterminés que jamais à s’imposer à nouveau comme grand maître du black polonais, et du black tout simplement. Un véritable tournant dans la carrière de Behemoth est entamé depuis environ 2004, soit la sortie de Demigod. Avec des albums de plus en plus finis, et de plus en plus populaires. Le gain popularité a été totalement exponentiel et continue de l'être. A tel point, que pour une fois, un groupe de Black arrive à faire les mainstages de grands festivals, comme le Wacken, à la meilleure heure de la journée ! De plus en plus satanique également, comme le montraient déjà les précédents I Love You at Your Darkest et The Satanist, Opvs Contra Natvram s’enfonce un peu plus profondément dans cette voie obscure. Mais ce dernier album se veut plus « primitif », plus violent.

En effet, l’ouverture se faisant sur « Post God Nirvana », avec ses tambours tribaux et ses invocations scandées, le ton est donné pour la suite. Trêve de commérages, l’album enchaîne sur les chapeaux de roues avec « Malaria Vvlgata » . C’est le moins que l'on puisse dire, avec son rythme effréné et sa durée très courte de 2 minutes 18, soit tout juste le temps de rentrer dedans, et de finir en violence pure.

S’ensuit un morceau, qui pour moi est l’un des meilleurs de cet nouvelle fournée, et a largement sa place dans les hymnes du groupe, « The Deathless Sun ». Nous pouvons être sûrs et certains que Behemoth en fera une de ses chansons fétiches durante ses prochaines tournées. Tous les ingrédients du succès du groupe y sont réunis. Les riffs sont incisifs, le refrain est entêtant à base de
« I am nothing, without him, nothing is. I am no one, it is he Sol Invictvs, the deathless sun »,.
J’imagine déjà la fosse chanter à gorge déployée sur ce morceau. Bien sûr, il est accompagné de non pas un mais deux clips à la sauce Behemoth, provocateur, blasphémateur, et parfaitement réaliser. Je vous laisse aller le voir sur le champ si ce n’est pas déjà fait.

Continuons sur notre lancée, ou plutôt sur notre écoute avec « Ov My Herculean Exile », déjà sortie comme single avec « The Deathless Sun », « Off To War » ainsi que « Thy Becoming Eternal ». Je considère que nous avons là une bonne représentation de Behemoth, mais rien de plus, du Behemoth comme on l’aime, c’est déjà beaucoup !
L’acmé de la violence de cette album est très probablement atteinte avec le cinquième et le sixième morceau, « Neo Spartacvs » et « Disinheritance ». Que dire de plus mise à part que ces deux morceaux, excellents soit dit en passant, participent grandement à faire ce qu’est Opvs Contra Natvram : une belle démonstration de la maturité acquise au cours des dernières décennies. Behemoth ne se réinvente pas ici, mais continue d’enfoncer solidement leur style black travaillé et technique.

« Off To War » n’est clairement pas, pour moi, le meilleur titre de l’album, voire est même en deçà des autres. Bref, il y a rien à dire de plus, passons au reste de l’opus. « Once Upon a Pale Horse », se veut différent des autres titres avec son rythme plus lent, plus lourd, plus pesant. L’avant dernier titre « Thy Becoming Eternal » est plus grandiloquent, avec le choeur latin féminin en arrière plan et la voix profonde en surplomb vers 3 minutes 20. J’en ai eu des frissons rien qu’à l’écouter.

Et voila après un peu moins de quarante minutes, on arrive à la clôture de ce nouvel opus sur "Versvs Christvs". Encore un excellent épilogue. Les litanies se mêlent à l'ambiance cathédralesque globale. Les cavalcades se mêlent subtilement à la pesanteur du piano et aux doléances des différentes voix. Une parfaite fin pour un album qui ne frise pas la perfection non...qui la dépasse.
Quarante minutes c'est carrément trop court, on en redemande !

Parlons un peu de l’artwork et du design concept non ? J’ai que deux mots pour les définir, et je m’en excuse par avance … Putain, Magnifique. On était habitué à du très beau sur les derniers albums mais là c’est un autre niveau avec les différentes déclinaisons de couleurs (noir et blanc) des pochettes. Leurs nouveaux costumes, ainsi que leur nouveau logo sont somptueux sur scène.

En conclusion :
Au final, nous avons pas un nouveau Behemoth avec cet album, mais un Behemoth qui s’affirme, qui sait montrer sa maturité. Quatre ans d’attente qui ont permis au groupe de fignoler les détails, et de sortir un album qui se voudra peut être être l’Album de toute sa discographie. Naviguant à « contre-courant », dixit Nergal, contre vent et marée (procès pour blasphème, maladie du chanteur…), le groupe saura à nouveau contenter ses fans. Taillé pour le live mais pas que, chacun des instruments, batterie, basse, guitare, et même chant, trouvant leur place et s’exprimant au moment opportun, aucun n’est laissé de côté.
Bref, l’album de l’année pour moi, et surement pour beaucoup de monde, aucune discussion possible sur ce sujet.

Vous pourrez retrouver votre groupe préféré en compagnie d’Arch Enemy, de Carcass, ainsi que d’Unto Others, les 04 Octobre à Paris, 05 Octobre à Lyon, et le 11 Octobre 2022 à Lyon.

Setlist :
01-Post-God Nirvana (3:11)
02-Malaria Vvlgata (2:18)
03-The Deathless Sun (4:43)
04-Ov My Herculean Exile (4:44)
05-Neo-Spartacvs (4:18)
06-Disinheritance (4:23)
07-Off To War! (4:48)
08-Once Upon A Pale Horse (4:17)
09-Thy Becoming Eternal (4:09)
10-Versvs Christvs (6:30)