Behemoth Bikini Toulouse
Anibal BERITH
Journaliste

«Epoustouflant de satanisme !»

Créé 23/10/2016
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Quel début de soirée entre le doom/black hypnotique de Secrets Of The Moon et le brutal black radical de Mgla ! Ideal pour bien chauffer le pit rempli des 1100 personnes venues se délecter de cette soirée placée sous le signe de la musique la plus sombre qui soit et acclamer le quartet polonais que l’on ne présente plus, Behemoth.

Un petit peu d’attente entre le set de Mgla et celui du Satanist, le temps de mettre en place tout le décor nécessaire pour que le dernier album du combo polonais soit joué dans son intégralité.

La mise en scène est moins impressionnante que celle de Paris ; out les écrans diffusant des images apocalyptiques en noir et blanc, pour de grands patchwork tout aussi impressionnants cependant, au cours du show. Orion (le bassiste) et Seth (le guitariste) en joueront dès le début du set, se positionnant devant donnant l’impression que les deux musiciens ont des ailes greffées dans le dos ! Superbe !

En revanche, toujours les micros hors normes symbolisant la suprématie des polonais et plus particulièrement celle de Nergal en prêtre satanique prêt à sermonner un public conquis d’avance.

C’est dans l’obscurité la plus totale que le frontman de la formation polonaise arrive avec ses deux torches en main, adoptant une posture dos à la scène, croisant les flammes au-dessus de sa tête pour écarter les bras annonçant le début des hostilités avec ‘Blow Your Trumpets Gabriel’.

Tout le monde dans la salle connaît l’album par cœur et sait à quoi s’attendre. Le quartet ne cache pas cette mise en scène et ce choix de jouer l’intégralité du « Satanist » dans l’ordre. Aucune surprise me direz-vous ? Surtout pour ceux qui ont déjà vu le show ? Pas du tout, tout le monde attend avec impatience la Messe Noire, attend chacun des détails du saint sacrement.

Le son est parfait, puissant, les lights impeccables laissant le groupe dans la pénombre tout en offrant suffisamment de clarté pour découvrir le maquillage effrayant des protagonistes.

Musicalement, c’est le summum, le nirvana, ça envoie sévère d’entrée, Behemoth ne fait pas dans la dentelle avec son black/death unique et brutal tout en y intégrant des plans mélodieux malsains et dérangeants.

L’album enchaine donc naturellement tel que sur le cd, la mise en scène en plus donnant une toute autre dimension à cet album déjà culte. Seth, Inferno et Orion sont mis à l’honneur sur les nombreux plans musicaux. Orion se démarquant par sa stature imposante et ses crachats d’eau, optant pour des postures impressionnantes avec sa basse. Seth toujours plus timoré se laissera emporter par ses riffs et nombreux solis ; quant à Inferno, il donne le change de par ses blasts dévastateurs derrière sa batterie imposante surplombant la scène.

La dimension religieuse prend toute son ampleur par toutes les connotations jouées par le maître de cérémonie, Nergal, comme le break sur lequel il vient sur scène avec son encensoir dont la fumée s’élève comme pour porter la parole de Lucifer vers les ténèbres et tous les rappels d’une messe célébrée dans les règles de l’art particulièrement lors de la distribution (trop rapide) de l’hostie sur ‘In The Absence Ov Light’ pour terminer sur l’incontournable ‘O Father O Satan O Sun ! ‘.

Nergal n’oubliera pas de communiquer (voire même de communier) avec son public rappelant son dernier passage dans la capitale occitane en 1999 avec Deicide, Rotting Christ, Ancient Rites et Aeturnus.

Le set n’est pas fini et s’ensuivra après une courte pause enfumant la scène par des titres reprenant le début du succès du combo empruntant les morceaux aux excellents albums « Evangelion », « demigod » et les ep « Slaves Shall Serve et Ezkaton.

Un set un peu plus court que celui de Paris mais tout aussi impressionnant. Visuellement moins marquant mais musicalement bien meilleur. Et bien qu’il y ait eu moins d’effets, la prestation n’en demeure pas moins bonne car le public était au rendez-vous et beaucoup plus respectueux des artistes, la salle plus petite a permis de conférer une ambiance plus intimiste et l’on pouvait lire la joie de jouer devant notre public des « quatre satanist ». Revenez quand vous voulez !

SETLIST: Blow Your Trumpets Gabriel / Furor Divinus / Messe Noire / Ora Pro Nobis Lucifer / Amen / The Satanist / Ben Sahar / In the Absence ov Light / O Father O Satan O Sun! (the satanist integral) / Ov Fire and the Void (evangelion 9eme album 2009) / Conquer All (demigod 7eme 2004) / Pure Evil and Hate (live album 2008 at the arena ov aion) / At the Left Hand ov God (live album at the arena ov aion 2008/ Slaves Shall Serve (ep eponyme 2005) / Chant for Eschaton 2000 (ep ezkaton 2008)