''Winds of Time'' n’est pas un simple album, c’est une profession de foi : une déclaration d’amour viscérale à ce heavy metal qui a forgé des générations entières
Le vent du temps souffle fort sur ''Winds of Tim'', le nouvel album de Wings of Steel. Dès les premières secondes, on comprend qu’il ne s’agit pas d’un simple disque de revival, mais d’une déclaration d’amour viscérale à ce heavy metal qui a forgé des générations entières. Le duo californien formé par Leo Unnermark et Parker Halub a beau être jeune, il joue comme s’il avait grandi dans l’ombre des géants. Tout, ici, respire la passion pure : les guitares pleines et chantantes, la voix habitée, les refrains qui donnent envie de lever le poing.
La pièce-titre, 'Winds of Time', s’ouvre comme un lever de rideau sur un mythe ancien. Dix minutes d’un voyage qui alterne majesté et tension, riffs héroïques et mélodies presque mystiques. On y sent le souffle d’un métal grandiloquent, mais jamais creux ; un hommage sincère, sans clin d’œil forcé. Les notes s’enchaînent comme les battements d’un cœur qui refuse de ralentir. Puis viennent des titres plus directs, comme 'Saints & Sinners' ou 'Burning Sands', où le duo allume la mèche et fait exploser la poudrière : tout est précis, carré, mais plein d’une énergie brute. Même dans les passages plus introspectifs, comme 'Crying', la tension reste palpable, contenue dans la voix puissante d’Unnermark et les arpèges lumineux de Halub.
Ce qui frappe, c’est cette maîtrise du grand écart entre les époques. Wings of Steel reprend le flambeau des années 80 sans jamais tomber dans la parodie. Leur son, produit avec un soin rare, allie la chaleur analogique des amplis à lampes et la netteté d’une production moderne. Chaque instrument respire : la basse ronronne juste ce qu’il faut, la batterie cogne sans envahir, et la guitare taille des riffs à l’ancienne avec une précision chirurgicale. C’est du classic metal dans le meilleur sens du terme : honnête, fiévreux, porté par la conviction que la sincérité vaut mieux que la mode.
Au fil de l’écoute, on devine les influences : Dio, Judas Priest, Queensrÿche, Iron Maiden… mais Wings of Steel ne joue jamais au pastiche. Il y a dans ''Winds of Time'' une gravité moderne, une conscience du monde qui s’effrite. Là où les groupes des années 80 chantaient la gloire ou la révolte, Wings of Steel semble chanter la mémoire : celle d’une époque où la musique avait encore le pouvoir de rassembler, de guérir, de libérer. C’est un album qui parle autant du passé que de la persévérance ; du vent du temps qui passe, mais qui porte encore les cris des vivants.
Et puis il y a cette voix. Leo Unnermark, entre puissance et fragilité, donne tout. Il ne cherche pas à être parfait ; il veut être vrai. Par moments, on croirait entendre un fantôme de Ronnie James Dio descendu d’un ciel de cuivre, un prêcheur du heavy à l’âme brûlante. À la guitare, Parker Halub déploie une science du riff presque académique, mais jamais démonstrative. Ses soli respirent, racontent, s’élèvent. L’union des deux donne au disque une âme rare : celle d’un groupe qui croit encore à la transcendance par le son.
''Winds of Time'' n’est pas un simple album, c’est une profession de foi. Celle d’une génération qui n’a pas connu les clubs enfumés des eighties, mais qui en porte l’héritage avec ferveur. Les morceaux s’enchaînent comme autant de chapitres d’un même récit : celui du feu sacré du heavy metal, qui refuse obstinément de s’éteindre.
Alors, quand le disque se termine, on reste un instant suspendu, les oreilles bourdonnantes, le cœur un peu serré. Parce qu’au fond, Wings of Steel nous rappelle une vérité simple : le temps passe, les modes changent, mais le métal — le vrai, celui qui vibre, qui vit, qui émeut — ne vieillit jamais.