Un an à peine après la sortie de leur huitième opus studio, voici revenir le Norvégiens de 1349 avec ''Winter Mass'', second témoignage en concert de leur carrière. Capté au Parkteatret d’Oslo en 2021, juste après la levée des restrictions liées à la pandémie, il ne permet donc pas de se faire une idée du potentiel live des titres les plus récents du quatuor mais ravira les fans du combo par son côté best-of brut de décoffrage.
Après une intro grinçante qui n’aurait pas dépareillé sur un film d’horreur occulte, 'Sculptor Of Flesh', issu du référentiel ''Hellfire'', entame les hostilités avec une brutalité indécente. Premier constat, le rendu sonore est d’une qualité exceptionnelle. Le mix des instruments et de la voix est parfaitement équilibré et rend idéalement compte de l’ambiance de la salle.
Deuxième bonne surprise, la prestation de Ravn. Ce dernier est en grande forme vocale et impressionne par son engagement physique. Aussi à l’aise dans son registre rauque que dans des tonalités plus écorchées, rappelant parfois les frontmen de la scène thrash allemande ('Striding The Chasm', 'Through Eyes Of Stone'), il ne s’économise pas et contribue fortement à la réussite de ce show jusqu’à l’apothéose 'Abyssos Antithesis' qui clôture cette sulfureuse messe noire.
Egal à lui-même Frost abat un travail monstrueux, sa frappe chirurgicale éclatant sur le furieux 'Cauldron'. Sa double grosse caisse est régulièrement mise à rude épreuve, et le savoir-faire qui le caractérise brille sur l’épique 'Chasing Dragons'.
'Serpentine Sibilance' calme le jeu quelques instants avec son ambiance pesante et maléfique, avant que le déluge sonore 'I Am Abomination' ne s’abatte sur un auditoire sonné par tant de violence décibellique.
'Golem', dont la durée est inversement proportionnelle à sa vélocité, vient réveiller les endormis pour les inviter à pénétrer l’'Atomic Chapel', superbe pièce extraite du glacial ''Demonoir''. L’un des moments forts de ce ''Wind Mass'' qui n’en manque d’ailleurs pas.
Piochant équitablement dans leur discographie, les Norvégiens réussissent à établir une setlist réfléchie et à-même de faire passer un excellent moment à un public totalement acquis à la cause des quatre cavaliers de l’apocalypse.
Mixé de main de maitre par Hugo Alvarstein, ce ''Wind Mass'' s’avère très représentatif de ce que peut donner le gang d’Oslo sur les planches ainsi qu’un bon complément à ''Maggot Fetus'', paru en 2009.
Pour l’anecdote, la pochette de cette galette a été croquée par l’artiste Kim Diaz Holm durant le show. Belle performance vu la folie ambiante.