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Vox Occulta

FRED H
Journaliste

Einar Solberg (solo project)

« Vox Occulta » est une œuvre résolument ambitieuse mais également exigeante. Entre puissance symphonique, introspection et excès maîtrisé, l’album ne laisse pas indifférent.
8 titres
Progressive Rock
Durée : 54:48
Sorti le 24/04/2026
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Depuis début 2023, Einar Solberg, fondateur de Leprous en 2001, a entamé sa carrière en solo, en parallèle de son parcours avec son combo référence. « 16 », son premier disque, est sorti quelques mois plus tard, rapidement suivi par « The Congregation Acoustic » (un piano-voix désarmant capté en livestream).

Présentement, le norvégien revient en solitaire avec « Vox Occulta » (NdT : « Voix cachée » en latin) et qu’il a voulu un mélange de métal progressif et de musique classique ('Medulla'' né d'un riff composé sur une guitare à huit cordes). Pour mettre à bien son second effort, le chanteur a choisi de collaborer avec l’Orchestre de la Radio norvégienne, les guitaristes Ben Levin (ex-Bent Knee), Pierre Danel (Novelists) et John Browne (Monuments), le bassiste Jed Lingat, le violoniste Chris Baum (Bent Knee), ainsi que le batteur Keli Guðjónsson (Agent Fresco).

À travers huit titres, Einar et ses comparses développent un univers dense, à la fois sombre, majestueux et émotionnellement chargé, nourri par les passions (notoires et de longues dates) pour les bandes originales de films et le « classique » du frontman natif de Notodden ('Stella Mortua'). L’ampleur orchestrale couplée aux arrangements symphoniques renforce la dimension « cinématographique » recherchée par la tête pensante. Oscillant entre tension dramatique et envolées épiques, les morceaux se veulent graves avec peu de « respirations lumineuses » ('Liberatio', 'Vita Fragilis').

Du coté des paroles, le sieur Solberg puise dans son vécu pour nourrir ses compositions. Alors que pour « 16 », Einar revenait sur la mort de son paternel et ses luttes du passé contre l'anxiété, il offre ici un portrait sans concession de lui-même et de sa vision du monde d’aujourd’hui. Avec son chant habité et sincère, il parvient à donner vie à son projet. Cela étant, l’ambition débordante frôle par moments la surcharge. Certaines compos peinent à respirer, noyées sous des couches d’arrangements et d’intentions. Ce maelstrom combinant ambiance noire et foisonnement d’idées peut rebuter à la première écoute, demandant une attention maximale pour en saisir toutes les subtilités.

Au final, « Vox Occulta » est une œuvre résolument ambitieuse mais également exigeante. Einar Solberg y confirme son goût pour les expérimentations et les grandes fresques émotionnelles, quitte à diviser. Entre puissance symphonique, introspection et excès maîtrisé, l’album ne laisse pas indifférent.