La prestation est plus que convaincante, en à peine une écoute on comprend bien que « The End of Chaos » c'est du travail de pros fait par des gaillards qui connaissent bien leur affaire
Souvent considéré comme une seconde lame du Thrash, Flotsam and Jetsam a pourtant réussi (non sans mal) à traverser les décennies en laissant derrière lui des classiques comme « Doomsday for the Deceiver » et « No Place for Disgrace » qui ont depuis laissé leur nom à la postérité et sont régulièrement cités comme des albums références pour toute une scène. Si le temps a passé, les Américains sont toujours là en 2019, prêts à envoyer les décibels, et démontrer que les anciens n'ont pas dit leur dernier mot. Prenez garde, « The End of Chaos » est lâché dans la nature, attention à vos cervicales, ça va secouer.
Le grand public se rappelle souvent de Flotsam and Jetsam parce que Jason Newsted en fut le premier bassiste avant de partir rejoindre Metallica, en 1986. Une anecdote qui a plus de 30 ans, mais qui continue malgré tout d'exister. Résumer la vie de Flotsam and Jetsam à ce seul fait serait cependant un manque total de respect à ce groupe dont la longévité est relativement impressionnante : plus de 30 ans de carrière et une grosse dizaine d'albums, ça c'est un fait marquant. Mais laissons le passé là où il est et concentrons nous davantage sur le présent et sur « The End of Chaos », parce que l'important se situe dans ce nouvel opus qui s'inscrit dans ce que le groupe fait de mieux, à savoir un Thrash auquel une bonne dose de Power Metal y est intégrée. 12 titres, 50 minutes de riffs ultra dingues, de folles cavalcades ('Slowly Insane'), de soli ('Recover'), de hurlements, de changements de rythmes hallucinants ('Architects of Hate') ainsi qu'une grosse rincée de mélodies ('Unwelcome Surprise'), voici en substance ce que vous attend avec « The End of Chaos ». Sans franchement changer son fusil d'épaule, Flotsam and Jetsam balance sa musique comme il l'a toujours fait, avec une élégance et une dextérité peu commune qui rend son Thrash hautement addictif. Les terribles 'Prepare For Chaos' et 'Demolition Man' justifient pleinement ces propos, aux riffs accrocheurs dans le plus pur style Bay-Area vient s'intercaler de géniales mélodies, sublimées par un chant à la limite du Heavy Metal où les notes montent parfois très haut.
La prestation est plus que convaincante, en à peine une écoute on comprend bien que « The End of Chaos » c'est du travail de pros fait par des gaillards qui connaissent bien leur affaire. Un morceau comme 'Good Or Bad' montre tout le savoir-faire de Flotsam and Jetsam, autant sur sa puissance que sur sa capacité à developper des mélodies, l'alliance est parfaite, du grand art. Si à cela on ajoute une production haut-de-gamme, un mastering qui met en évidence chaque instrument, on obtient un album qui s'écoute d'une traite sans jamais en décrocher qui recèle de subtilités que l'on découvre avec le temps.
Quand vient l'heure du bilan, il est difficile de ne pas avouer être totalement conquis par « The End of Chaos ». S'il y a de fortes chances pour que « Doomsday for the Deceiver » et « No Place for Disgrace » soient toujours des références pour le grand public, la version actuelle de Flotsam and Jetsam a pourtant de quoi séduire bien des amateurs de Thrash. Il est parfois bon de laisser le passé là où il est pour se construire un avenir en profitant pleinement du moment présent.