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TE RA

ALDO
Journaliste

Alien Weaponry

KA-MA-TE, KA-MA-TE!!!
11 titres
Thrash Ethnique
Durée : 42
Sorti le 28/03/2025
932 vues

Depuis que le rugby profite d’une certaine hype grâce à leur tête de gondole kiwi (dont la tenue de match est pile poil raccord avec le dressing d’un metalleux…noir c’est noir, toussa…) et que la trilogie de Peter Jackson a remis à la mode oreilles pointues, barbes touffues et pieds poilus, la Nouvelle-Zélande bénéficie d’un regain d’intérêt significatif.

Il faut dire qu’après des décennies d’oppression, les Maoris ont – et le haka des All Blacks n’y est pas pour rien – ont su peu à peu instiller un peu de leur culture au sein de la société locale, et désormais la danse guerrière traditionnelle se décline à la moindre occasion.

Et c’est fier de leurs racines que le trio formé des frères Henri et Lewis de Jong, s'est lancé dans le grand bain du Heavy-Metal dès 2010 (encore lycéens), rejoint par le bassiste Turanga Morgan-Edmonds en 2020, après quelques rotations de personnel au poste.
Il s’agit ici du troisième album de la formation, laquelle a par ailleurs pondu un chapelet d’EP depuis sa naissance.

Depuis le début, le credo du groupe est de mâtiner un heavy metal plutôt groovy et moderne d’influence locale. Notamment, il est fait régulièrement usage dans les titres et/ou les paroles de la langue maori. Et le fait est que ce mariage fonctionne jusqu’ici plutôt bien, le marqueur culturel du Haka s’accordant par sa radicalité formelle à la puissance de l’idiome Metal.

De fait, dans cette troisième livraison, les rythmiques en parpaing multiplient les appels au pogo et autres joyeusetés qui animent les pits. On oscille entre Thrash (1000 Friends) et Metalcore façon Killswitch Engage (Crown, Mau Moko). On vient épicer cette recette d’un poil de lyrisme mélodique (Hanging by a Thread) quand il ne s’agit pas de proposer une jolie respiration arpégée (Myself to Blame)

Tout cela forme au final un ensemble joliment troussé…cependant, au bout de quelques écoutes, l’on se rend compte que ce qui pouvait au départ distinguer le trio de la pléthore de groupes qui proposent le même matériau, n’est au final pas exploité plus franchement, musicalement parlant. Car, mis à part les paroles en Maori, rien ne vient permettre à Alien Weaponry de sortir du lot. C’est assez dommage, car en concert (notamment au Hellfest 2024), l’héritage culturel du trio est bien mieux mis en valeur (pas banal de voir le batteur entamer le concert par un véritable Haka. L’impressionnant tatouage facial traditionnel du bassiste en rajoute dans le spectaculaire et le « typique »).

Loin d’être honteuse, cette livraison des kiwis se laisse écouter avec un plaisir non-feint. Reste simplement un goût d’inachevé. L’originalité culturelle semble avoir été mise en retrait, au profit d’un classicisme certes efficace, mais qui ne permet pas suffisamment à ALIEN WEAPONRY de s’extirper du tout-venant.