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Starmourner

Morbid Domi
Journaliste (Belgique)

Ghost Bath

Ce troisième opus montre que Ghost Bath a atteint un très haut degré de maîtrise, dosant avec cohérence tous les ingrédients utiles à l'émergence d'une oeuvre fabuleuse.
12 titres
Depressive/Post-Black Metal
Durée : 71
Sorti le 21/04/2017
10426 vues
Chers lecteurs, le monde du Post Black nous réserve souvent la surprise de découvrir de véritables joyaux musicaux, parfois décriés par les puristes de la première heure, mais fort heureusement aussi soutenus par les passionnés de Black atmosphérique.

Ce groupe Ricain, Ghost Bath, en 5 ans, s'est taillé une réputation solide, loin d'être usurpée.

Je dois bien vous avouer dès le début que ce n'était pas gagné. Je ne puis oublier ce premier EP de 2013, au titre homonymique, où le son n'était pas franchement avenant. Si c'était l'occasion de découvrir ce chant dépressif typiquement criard et fameusement habité, l'ensemble, ne parvenait pas à décoller tant la bouillie sonore donnait plutôt envie de s'enfuir, ou de décompenser, c'est selon votre personnalité.

1 an plus tard, les Ricains sortiront un premier album, « Funeral » qui montre un son plus arrangé, un jeu guitaristique plus soigné.
Les riffs étaient nettement plus spatiaux, flirtant quasiment avec le Shoegaze.
En 2015, la sortie de « Moonlover » a suscité un bel engouement parmi les fans du genre.
L'album était superbe, la mélancolie mélodique régnait en maître, le chant devenait moins gratuitement criard pour aller se poser avec pertinence dans certaines envolées, ce qui contribuait à apporter plus de cohérence sur l'ensemble.

Autant vous le dire d'emblée, ce 3ème album est un véritable chef d'oeuvre qui reprend les bonnes bases de leur second magnifique opus.
Le combo nous replonge dans un univers de souffrance, d'angoisse et de lourdeur de vie. Là où d'autres le font si bien, nos artistes ont une faculté d'apporter des espaces lumineux teintés d'espérance dans cet univers qui reste bien organique.
Nous pourrions poser un corrélat avec le génial Moby qui possède un talent indéniable pour vous plonger dans les pensées nostalgiques teintées de beauté.

Ecoutez ce somptueux « Celestial », rayonnant de 1000 feux. Ghost Bath rassemble toute la richesse de groupes fabuleux tels « Midnight Odissey », « Deafheaven » ou encore « Violet Cold ».
Sur « Seraphic », l'intensité donnée est gigantesque, vous êtes emportés dans un tourbillon de félicité.
Le jeu de batterie de Taylor est totalement enivrant et se trouve sublimé par les riffs sublimes de Dennis et Donovan.
Quant à la gratte de basse, Jamie parvient à poser un syncrétisme parfait entre le dynamisme du Black plus virulent et les low tempo plus spirituels.
Eux qui sont passionnés par la culture asiatique, Chinoise, en l'occurrence, quitte à même se revendiquer de ce continent, parviennent à transcender leur architecture à la manière des extraordinaires Japonais de Mono.

Découvrez le génial morceau « Luminescence » qui grouille d'images fabuleuses ou encore, ce « Thrones » qui présente une forte personnalité dotée d'un esprit martial.

Le spatial n'est pas omis si j'en juge les notes de splendeur arrimées aux presque 7 minutes d' « Ethereal ».

L'agitation est au rendez-vous sur « Cherubim » qui écrase tout sur son passage, rappelant un vieux tube « L'enfant au tambour » dans sa mélodie.
Ghost Bath a pondu son plus bel album et une pièce maîtresse dans le monde du Post Black.

Enfanter d'un chef d'oeuvre n'est pas donné à tous et ici, nous avons même l'impression que les choses sont venues avec grande fluidité, de manière instinctive, comme s'il était écrit que Ghost Bath était destiné à écrire de très belles pages d'histoire de l'art noir sublimé de lumineux.

Ce troisième opus montre que Ghost Bath a atteint un très haut degré de maîtrise, dosant avec cohérence tous les ingrédients utiles à l'émergence d'une oeuvre fabuleuse.

Il y a fort à parier que chez vous, « Starmourner » repassera en boucle car, même après 15 écoutes, vous ne vous en lasserez pas. Il est addictif.

Morbid Domi (Avril 2017)