Ghost Bath, one man band formé en 2012 par Dennis Mikula alias Nameless, pratique un black metal mélancolique quelque peu torturé. Suite à une sévère dépression consécutive à la pire tournée de sa vie il y a deux ans, l’Américain s’est senti le besoin de composer un nouveau disque aux vertus cathartiques.
''Rose Thorn Necklace'', cinquième offrande de l’entité, se veut l’incarnation sonore de sentiments aussi douloureux que le désespoir, l’isolement, le dégout ou la misanthropie. Avec des titres aussi gais que 'Well, I Tried Drowning', 'Thinly Sliced Heart Muscle' ou 'Throat Cancer', il était à parier que l’œuvre ne respirerait pas la joie de vivre.
Le titre éponyme, qui succède à une courte intro figurant un piano esseulé, vient conforter ce sentiment via une alternance de parties délicates en son clair et de furieuses attaques de sons saturés, où blast-beats et cris désespérés se mêlent en une folle cacophonie.
L’ombre d’Alcest plane en de nombreux endroits via certains arpèges d’obédience shoegaze. On s’attend même à entendre la voix de Neige sur l’intimiste 'Thinly Sliced Heart Muscle'.
On pense parfois à Nargaroth, sur 'Rose Thorn Necklace' notamment. Le riffing de 'Dandelion Tea' invoque quant à lui le Enslaved le plus récent.
L’instrumental 'Needles', ode au spleen, renvoie à l’œuvre de Goblin sur le désespéré Blue Holocaust de Joe D’Amato.
Auteur, compositeur et interprète de l’intégralité de cette cuvée 2025 (exception faite de la batterie, que l’on doit à l’excellent Mike Heller), Nameless s’avère un vocaliste convaincant, capable de moduler sa voix, des cris les plus perçants à une tonalité foncièrement gutturale ('Throat Cancer'), en passant par des invocations d’outre-tombe ('Dandelion Tea').
Doté d’un artwork soigné et d’une production ample qui met en valeur les compositions, ce condensé de noirceur se doit d’être écouté dans un environnement propice avec l’attention méritée.