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Shadow Play

Blood Potatoe
Journaliste

Drudkh

Avec ''Shadow Play'', Drudkh poursuit sur la voie du black épique et mélancolique pour un rendu des plus immersifs qui invite à l’introspection.
6 titres
Black Metal
Durée : 55
Sorti le 21/03/2025
408 vues

‘’Shadow Play est une expérience immersive qui vous met au défi d’aller chercher votre côté sombre et l’exposer au grand jour dans un subtil jeu d’ombres et de lumière’’. C’est par cette accroche que l’entité Drudkh présente sa dernière œuvre, trois ans après un ''All Belong The Night'' empreint d’une sourde tristesse et nostalgique d’une époque révolue.
En 2025, le confit russo-ukrainien fait rage et la situation des artistes n’est pas des plus enviables. Manque de moyens, interdiction de sortie de territoire (voir la récente tournée de 1914 annulée quelques jours avant son lancement faute de laissez-passer), peur pour les proches exposés au front, avenir politique incertain, autant de raisons pour mettre sa carrière en stand-by. Mais aussi autant de raisons de lever le poing plus haut encore et de se faire entendre. Voie qu’a choisi le combo de Kharkiv avec ce treizième album. Laissant la rage et la fureur à son alter ego Hate Forest, Drudkh suit le chemin emprunté avec l’opus précédent via un black metal épique et mélancolique d’une grande mélodicité.
'Scattering The Ashes', qui ouvre le disque, est une invitation à se perdre en pleine nature. Il suffit de fermer les yeux et suivre le bruit des pas faisant craquer branchages et feuilles mortes pour se retrouver au cœur de la forêt, un soleil déclinant baignant les arbres d’une douce lumière orangée. Les arpèges, bien que saturés, sont délicats et provoquent une agréable torpeur.
'April' vient réveiller le promeneur avec son riffing puissant. Les motifs répétitifs associés à certains patterns de batterie amènent un côté hypnotique à cette longue pièce qui n’est pas sans évoquer les premiers Burzum et Nargaroth.
Si les mid-tempi dominent, certaines pistes se parent de blast-beats qui amènent une cassure de rythme bienvenue sans pour autant faire ombrage à la mélodie ('The Exile', 'Fallen Blossom', le conclusif 'The Thirst').
Les claviers, fort bien intégrés, apportent un supplément d’âme aux structures metal, notamment sur l’accrocheur 'The Eve', dont le chant torturé semble exprimer une colère mêlée de désespoir, ainsi que 'The Thirst', aux orchestrations soignées.
Espoir il y a en tout cas de voir les Ukrainiens poursuivre leur aventure avec cette cuvée 2025 qui ne décevra pas les fans de la formation.