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All Belong to the Night

Julien Pingenot
Journaliste

Drudkh

La formation culte de black metal ukrainienne Drudkh revient avec un puissant et poignant album
4 titres
Black Metal
Durée : 45
Sorti le 11/11/2022
1231 vues

Cette année, Drudkh fête ses vingt années d'existence. Avec son mix de Black et musiques folkloriques, aux paroles puisant dans la poésie et la culture Ukrainienne, Drudkh s'est rapidement imposé comme un des plus importants représentants du black ukrainien. Au départ, side project des membres de Hate Forest (Roman Saenko et Thurios), l'importance que la formation va prendre va quelque peu faire de l'ombre aux autres projets de ses créateurs. La sortie d'un album des ukrainiens est toujours un petit évènement au sein de la scène tant les premiers albums furent importants pour la scène locale comme internationale. Bien que tout les albums valent le détour, les cinq premiers albums sont essentiels pour tout amateur de Black. "All belong to the Night" est le douzième album des ukrainiens et sortir un album dans ce contexte difficile est quelque chose à souligner et faire valoir.

Cet album s'articule autour de quatre longs morceaux, "The Nocturnal One", "Windmills", "November" et "Till We Become the Haze", tous dépassant les dix minutes et le quart d'heure pour le dernier morceau. Ce n'est plus un secret, Drudkh rejette en bloc tout ce qui attrait à la modernité comme l'urbanisme à outrance, l'EP "Anti Urban" est très révélateur, ou encore les réseaux sociaux dont les membres fuient comme la peste. D'ailleurs tous les réseaux de Drudkh (et Hate Forest) sont gérés par le label. Drudkh, et depuis le début de sa carrière, nous compte les différents mythes et récits historiques qui ont construit l'Ukraine et sa culture, mais aussi chaque album du groupe est une ode à la vie paysanne, détachée de tout ce qui est superflu et en communion avec la Nature que ce soit dans les moments les plus beaux comme les épreuves les plus difficiles. La nostalgie est un sentiment que le groupe affectionne particulièrement et qui se ressent tout au long de la discographie et ce douzième opus ne déroge pas à la règle. Cette puissance nostalgique mélancolique est ressentie tout long. Le morceau "Windmills" par exemple qui s'ouvre avec de profonds chœurs, ou bien ce riff principal empli de mélancolie et ce chant plaintif et déchirant. Le solo de fin est aussi très touchant. Le dernier morceau aussi "Till We Become the Haze", les trois quart du morceaux sont instrumentaux nous laissant nous perdre dans l'immensité de nos sentiments et l'infinité de la nuit.

Tout au long de sa carrière, Drudkh s'est forgé une solide réputation dans la scène black atmosphérique tant les ambiances qu'il arrive à créer sont prenantes rappelant les grandes heures de Burzum. Et sur ce nouvel album, on ne déroge pas à la règle, les longs passages assez répétitifs insufflent une atmosphère vraiment singulière à cet album. Une solitude se dégage de cet album, mais une solitude apaisante qui le temps de l'album nous arrache à notre réalité pour nous faire voyager dans ces froides et noires nuits d'hivers ukrainiennes. "November" et son lancinant riff arrive bien à nous faire ressentir cette isolation et détresse que peut apporter cette rude période de l'année.

Même après vingt ans, Drudkh est toujours autant passionné et passionnant avec son black atmosphérique de haute volée. Drudkh revient en force avec un album poignant, puissant et qui se range sans soucis parmi les meilleurs travaux du groupe.