Après quarante ans d’activité et quantités de sorties vinyliques, que peut-on encore attendre de Prong, trio new-yorkais ayant connu son heure de gloire au mitan des années 90 ? Qu’il nous surprenne en jouant du metalcore ? Qu’il nous déçoive en ressassant la même recette depuis ses débuts ? Ni l’un ni l’autre, que l’on se rassure. Le guitariste-fondateur Tommy Victor a l’expérience et la maturité nécessaires pour satisfaire ses fans tout en leur proposant un minimum de nouveauté. Et ce n’est pas ce quatorzième opus éponyme qui dérogera à la règle.
Entouré d’une toute fraiche section rythmique, le gaillard nous revient avec une bonne dose de metal groovy.
'The Banner' donne le ton via un up-tempo des plus dynamiques, à peine ralenti par un breakdown typiquement thrash, serti d’un solo épileptique qui ferait danser la gigue à un cul-de-jatte.
Dépassant rarement les trois minutes trente, les morceaux vont à l’essentiel, ne s’embarrassant que rarement de fioritures. Tout juste notera-t-on de-ci de-là quelques samples et claviers, sur 'New Commission' notamment dont le final renvoie à Fear Factory.
Encore une fois, le poignet droit de Tommy n’a rien perdu de sa verve, décochant des rythmiques bien appuyées ('Doomed World'). Les fans du New-yorkais seront heureux de retrouver ce fameux riffing en palm mute qui donne une dynamique imparable à l’ensemble des compos ('Fear The Sun', 'Simulated Drowning'). Les dissonances propres au combo sont également au menu, en témoignent l’accrocheur 'Commonsense Resolution' ou l’oppressant 'Transgression'. 'Our Continuance' se pare même de quelques atours industriels et n’aurait pas dépareillé sur le référentiel ''Cleansing''.
L’âge ne semble pas avoir de prise sur le frontman, tant ce dernier se donne aussi bien en rythmique qu’en soli, décochés à une vitesse impressionnante sur les brulots 'Proportionate Response' et 'Simulated Drowning'.
La surprise vient du très mélodique 'Uncertain Truth' où le chant et la guitare font montre de jolies harmonies, rendant l’écoute des plus appréciables. Peut-être la composition la plus accessible du groupe à ce jour.
Deux titres bonus viennent compléter cette cuvée 2026. Si 'Out Of Body' s’inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs, plus étonnante est cette reprise du 'Cruel Summer' de Banarama, parfaitement rendue via une basse groovy et une guitare funky, donnant à l’ensemble un côté dansant et festif. Conclusion idéale à cet opus d’excellente facture.