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Private Music

Blood Potatoe
Journaliste

Deftones

Ce dixième album est une véritable pépite où fragilité et puissance fusionnent en un condensé d’émotion pure.
11 titres
Metal
Durée : 42
Sorti le 22/08/2025
1245 vues
La sortie d’un nouveau Deftones est souvent source d’excitation et d’impatience chez les fans de ce pilier de la scène néo-metal. Même si l’on sait plus ou moins à quoi s’attendre, il y a toujours une part d’inattendu chez nos cinq Californiens, capables de surprendre en bien comme en…moins bien. En 2020 sortait un ''Ohms'' aux vertus rafraichissantes après plusieurs albums moins mémorables. Depuis, le gang de Sacramento s’est fait discret (si ce n’est le limogeage du bassiste Sergio Vega, qui a fait couler beaucoup d’encre dans la presse spécialisée), travaillant sans relâche à son successeur.

Et c’est en (presque) toute discrétion que nous arrive ce ''Private Music'', 10e album de la formation, à peine ''teasé'' par la sortie de deux singles quelques semaines auparavant. Premier constat, le retour des guitares au premier plan. Celles-ci se font mordantes, agressives et moins étouffées que sur l’opus précédent. On sent que Stephen Carpenter se (nous) fait plaisir sur l’énervé 'CXZ' et l’accrocheur 'Milk Of The Madonna'.

L’accordage bas de certaines compos ('Locked Club', 'Cut Hands') renvoie à l’album éponyme de 2003 quand 'Departing The Body' évoque le plus expérimental ''White Pony''.

Ici les formats sont courts, carrés, percutants. La bande à Chino a épuré son style et cherché l’efficacité sans pour autant rogner sur la mélodicité, en témoigne l'irrésistible 'Infinite Source'.

Les harmonies vocales et les arrangements sont légion et participent à ce parfum sucré-salé qu’on apprécie tant chez le quintette (le langoureux 'Departing The Body', sur lequel sieur Moreno montre l’étendue de son talent). Et si les effets électroniques semblent avoir été mis en retrait au profit d’une approche plus organique, ceux-ci n’en enjolivent pas moins la majorité des pistes, s’illustrant notamment sur le lancinant 'I Think About You All The Time', porté par un Chino au chant versatile.

'Souvenir', véritable montagne russe émotionnelle, alterne moments de fragilité et saturations exacerbées pour un résultat des plus viscéral. Probablement la plus belle composition du disque.

La basse ronde de Fred Sablan apporte du groove à l’ensemble, ce qui rend l’écoute de cette galette particulièrement plaisante, mise en son par le sorcier des manettes Nick Raskulinecz.

Avec cette dixième offrande, Deftones s’est débarrassé du superflu pour ne garder que la substantifique moelle de son ADN. Une totale réussite.