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New Gods, New Masters

ANIBAL BERITH
Journaliste

Revocation

Revocation atteint un niveau d’exigence et d’innovation rarement égalé. "New Gods, New Masters" le démontre par sa réussite technique, artistique et thématique.
9 titres
Technical Death/Thrash Metal
Durée : 44
Sorti le 26/09/2025
712 vues
Pour célébrer les 20 ans du groupe, Dave Davidson et ses comparses reviennent avec "New Gods, New Masters", un disque à la fois féroce et visionnaire, qui scrute l’avenir avec un œil noir et une oreille bien affûtée.

Dès les premières mesures, on comprend que le groupe n’a pas choisi la facilité. Les riffs sont acérés, les structures foisonnantes, et chaque morceau semble taillé pour mettre autant à l’épreuve les cervicales que les neurones. Davidson, toujours maître de sa guitare et de sa plume, s’attaque cette fois-ci à un thème brûlant : l’essor de l’intelligence artificielle et ses répercussions sur l’humanité. Loin des clichés cyberpunk, il signe une réflexion lucide et anxieuse sur notre propension à remplacer nos « anciens dieux » par de nouvelles divinités technologiques.

Des invités prestigieux viennent renforcer l’impact du propos : Jonny Davy (Job for a Cowboy) incarne sur « Cronenberged » une abomination mutante avec une folie vocale presque inhumaine, Luc Lemay (Gorguts) apporte une intensité torturée à « Buried Epoch », et Travis Ryan (Cattle Decapitation) déverse sa rage sur « Confines of Infinity ». Et surprise de taille, le guitariste de jazz Gilad Hekselman illumine « The All Seeing » d’un solo final aérien, contrepoint inattendu à la déferlante métallique.

Musicalement, "New Gods, New Masters" conjugue l’agressivité tranchante de Netherheaven (2022) avec un sens du détail plus affiné. Les rythmiques, portées par Ash Pearson, oscillent entre grooves massifs et fulgurances blastées, tandis que les leads de Davidson et Harry Lannon se répondent dans une symbiose métronomique. On retrouve cette signature propre à Revocation : un death/thrash technique qui sait rester lisible, où chaque note compte.

L’artwork réalisé par Paolo Girardi, représente un « nouveau dieu » né d’un enchevêtrement de dents et de câbles, cristallise parfaitement l’ambiance de cette vision cauchemardesque d’un monde où la technologie devient une source de divinité.

Revocation atteint un niveau d’exigence et d’innovation rarement égalé. "New Gods, New Masters" le démontre par sa réussite technique, artistique et thématique. Il représente un metal qui ne cesse d’évoluer tout en regardant l’avenir droit dans les yeux, et se prépare à toutes les batailles riffs en avant.