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Morketid

Blood Potatoe
Journaliste

Mortem

Les contrastes créent la dynamique. ''Morketid'' le prouve en mêlant furie black metal et orchestrations finement ciselées. Du grand art.
8 titres
Black Metal
Durée : 45
Sorti le 03/07/2026
7 vues

Bien qu’ayant une discographie peu fournie, Mortem est loin d’être un lapin de six semaines. Formé à Oslo en 1987, le combo norvégien compte en ses rangs des futurs Arcturus et The Kovenant ainsi qu’un certain Hellhammer, qui s’illustrera quelques années plus tard au sein des mythiques Mayhem. Officiellement reformés en 2018 autour d’un nouveau line-up après une longue traversée du désert, les Scandinaves accouchent d’un premier long format en 2019. Un septennat plus tard, les voici de retour avec un second opus qui s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur tout en explorant de nouvelles pistes sonores.
Majoritairement composé par Steinar ‘’Sverd’’ Johnsen sur une période de six ans, ''Morketid'' fait référence aux heures sombres de l’Histoire, marquées par la guerre et la souffrance. Mais aussi aux luttes intérieures empreintes de doute et de peur, auxquelles chaque individu est un jour confronté.
Le morceau-titre, qui ouvre cette nouvelle offrande, ne pouvait mieux incarner ce terrible ressenti : aux quelques bruitages inconfortables succède une tempête black metal vite tempérée par une cassure rythmique sur fond de claviers fantomatiques. Le chant rauque de Marius Vold s’accorde parfaitement au riffing saccadé des six-cordes et contraste idéalement avec les arrangements orchestraux.
'The Mighty Odious' souffle un vent froid et piquant qui rappelle le Immortal de ''Battle In The North''. La rugosité du propos est contrebalancée par des éléments orchestraux grandiloquents mais jamais pompeux, dans la veine d’un Dimmu Borgir. Hellhammer martèle ses futs avec une précision irréprochable et délivre quelques parties de double grosse caisse d’une redoutable efficacité.
La suite est à l’avenant. 'Skyggeand', du haut de ses sept minutes trente, surprend et enchante par sa qualité de composition. Epique, intense, d’une richesse musicale impressionnante, cette piste alterne les tempi et les ambiances en un chaos ordonné des plus jouissifs. Les arrangements, toujours à -propos, distillent une atmosphère tantôt pesante, tantôt éthérée, servant on ne peut mieux ce qui s’avère la pièce maitresse de l’album.
Le metal noir reprend ses droits sur 'Blodvassen' et 'Aftermath', où tremolos, blast-beats et soli endiablés s’en donnent à cœur joie.
Soucieux de ne pas lasser sur la longueur, le quatuor surprend avec ses trois derniers morceaux, où la froideur du metal industriel se fait très prégnante.
Piochant ses riffs dans le death US, 'Den Sanne Gud' emprunte à Samael son côté martial, presque dansant et offre un contrepoint intéressant à tout ce qui a précédé.
'Morkets Ormebol' et 'Ditt Odes Aere', dotés de rythmiques d’une pesante gravité, referment sur un dernier accès de violence maitrisée cette infernale sarabande.
Dotée d’une production à la hauteur et d’une pochette signée Rikke Lundgreen inspirée du tableau La Danse Macabre de Holbein, cette deuxième offrande est une véritable réussite qui se (re)découvrira à chaque nouvelle écoute.