Max et Igor Cavalera ont su garder l’énergie et l’esprit de leurs premiers pas tout en les couplant avec un son et une production moderne. Si vous cherchiez l’occasion de (ré)écouter ce brulot dans les meilleures conditions, la voilà toute trouvée.
Qui ne connait pas Max et Igor Cavalera ? En 1984, les deux frangins ont fondé Sepultura, groupe majeur de thrash metal (surtout dans son incarnation initiale). Dans la première partie des 90s, les précurseurs du tribal metal ont pondus plusieurs disques incontournables dans le genre (« Chaos A.D. », « Roots »). Malheureusement, à la suite de désaccords personnels avec ses camarades de jeu, Maxou quitte le combo en 1996 (Soulfly sera créée peu après). Dix ans plus tard, Igor fera de même. Rabibochés, après quelques piges de tensions, les frangibus décident de s’associer sous le blase de Cavalera Conspiracy.
Présentement, les deux frères reviennent avec un autre projet nommé … Cavalera (pourquoi faire compliqué). Les natifs de Belo Horizonte ont décidé de réenregistrer l’EP « Bestial Devastation » et « Morbid Visions », les deux premiers albums de Sepultura défouraillés en 1985-1986 (les artworks originaux de Eliran Kantor ont aussi été revus). Un retour aux racines en quelques sortes.
Concentrons-nous ici sur les « Visions Morbides ». À l’époque, fort du petit succès d’estime rencontré par leur format court, Massimiliano et ses potes avaient eu un peu (vraiment un tout petit peu) plus de moyens pour leur premier véritable méfait. Malgré tout, bien que nos très jeunes musiciens fussent un rien plus matures et plus expérimentés avec leurs instruments respectifs qu’un an plus tôt, le résultat restait assez médiocre niveau sonore.
Cela étant dit, il y a trente-sept ans (le temps passe), avec le encore trop peu de pratique qu’ils avaient, les Brésiliens ne pouvaient tout simplement pas jouer aussi bien ni aussi vite qu'ils le souhaitaient. Aujourd’hui, grâce à leurs différents parcours et projets, c’est bien différent. La modernité apportée par ces réenregistrements rend l’ensemble plus mordant et agressif (le maléfique 'Crucifixion'). C’est encore plus tranchant ('Mayhem'), brutal ('War' rabotée au passage de quarante secondes), sinistre ('Show Me The Wrath') et percussif ('Funeral Rites'). Globalement, les redondances rythmiques et le côté « désordonné » des versions originales ont été repensés et retravaillés pour amener une identité propre à chaque chanson.
Cela sonne moins « amateur » (c’est bien mieux quand les grattes sont accordées correctement). Techniquement, c’est plus robuste et moins « grossier » (certains pourront d’ailleurs regretter ce changement). Les détails et les « nuances » sont bien mieux perceptibles qu’auparavant (merci la prod’ goupillée par nos frérots en personne et les mix/mastering équilibrés d’Arthur Rizk). Les riffings sont plus clairs ('Troops Of Doom', rare titre de cette période aujourd’hui encore interprété par Max/Igor et les Sepultura).
En bonus, construit à partir de riffs « de l’époque », un nouveau morceau nous est proposé ('Burn The Dead'). Un final sous forme d’un implacable missile death metal bourré de blast beats.
En réenregistrant leur « Morbid Visions », Max et Igor Cavalera ont su garder l’énergie et l’esprit de leurs premiers pas tout en les couplant avec un son et une production moderne. Si vous cherchiez l’occasion de (ré)écouter ce brulot dans les meilleures conditions, la voilà toute trouvée.