Ce « Bestial Devastation » revu et corrigé version 2023 ne s’adresse pas qu’aux fans des frères Cavalera ou aux nostalgiques des premières heures de Sepultura. Un commencement qui aujourd’hui est à la hauteur de ce qu’il aurait du être.
Pour en avoir été les fondateurs en 1984, les deux prénoms/nom de Max et Igor Cavalera sont indissociables du combo Sepultura. Aux débuts des 90s, la formation originaire de Belo Horizonte à livrer plusieurs efforts qui sont aujourd’hui encore des références (« Chaos A.D. », …) dans le registre du tribal thrash metal. Seulement voilà, courant 1996, pour diverses raisons personnelles, notre Massimiliano claque la porte (il créera Soulfly un an plus tard). Dix piges passent et Igor quitte à son tour le quatuor brésilien. Reconciliés, les deux frangins montent rapidement Cavalera Conspiracy.
En ce milieu d’année, les deux frères déboulent avec une autre association baptisée… Cavalera (fallait y penser). Pour leurs premières livraisons sous ce blase, les deux frérots nous proposent des réenregistrements de l’EP « Bestial Devastation » et du skeud « Morbid Visions », commis respectivement en 1985 et 1986 sous le nom de vous savez qui. Back to « Roots » (c’était facile) en somme.
Ici, nous allons nous intéresser à la « Dévastation Bestiale ». Pour mémoire, absence de moyens obligent, ces balbutiements métalliques avaient été mis en boite, en seulement deux jours, dans un studio de fortune, avec du matos emprunté à des amis/connaissances. A cette période, Max (16 piges), Igor (14 balais) et leurs deux comparses d’alors (Jairo Guedez et Paulo Jr) savaient à peine jouer. Cela étant dit, malgré un son de médiocre qualité, ces tout premiers titres (regroupés dans un split album avec Overdose, un autre groupe brésilien), avait assez rapidement marqués les esprits.
Trente-huit ans plus tard (cela ne rajeunit personne), ce n’est plus la même chose. Réécouter ces chansons avec un gros son et une production maousse costaude (réalisée par notre guitariste-hurleur et son « bro » de batteur) change tout. On perçoit bien mieux les riffs de guitare ('Antichrist' que nos lascars ont par la suite transformés en 'Anticop' lors des concerts). Cela sonne encore plus lourd ('Necromancer'). Ça vous rentre dans le lard (le missile éponyme). C’est redoutable d’efficacité malgré une certaine « simplicité » d’écriture (la bombe sonique 'Warriors Of Death'). En guise de bonus de fin, on a le droit à un inédit beuglé en portugais et composé à partir de riffs « de l’époque » ('Sexta Feira 13').
Doté d'une nouvelle pochette actualisée, ce « Bestial Devastation » revu et corrigé version 2023 ne s’adresse pas qu’aux fans des frères Cavalera ou aux nostalgiques des premières heures de Sepultura. Un commencement qui aujourd’hui est à la hauteur de ce qu’il aurait du être.