Deux ans…deux ans déjà que l’aride état d’Arizona nous a livré une petite pépite jurant avec les déserts de Denver et ses environs. Pourtant affublé d’un blaze porté vers la lourdeur (un nom de tank, tu penses bien…), ABRAMS avait pris tout le monde à revers avec son post grunge classieux et son quatrième album « Blue City ».
Avec « Loon », cinquième offrande du combo, on assiste à une leçon d’efficacité. Premièrement, la galette affiche une recherche de concision, en exposant pas moins de 10 titres en…moins de 35 minutes ! Histoire de faire de l’œil aux fans de grindcore ?
Rassurons les fans du groupe : on en est musicalement bien loin !
Car même si la tonalité générale de l’album est à la rage, c’est avec une palette sonore un tantinet plus « subtile » que le quatuor vient nous chatouiller le conduit auditif.
A vrai dire, au fil des morceaux, on se demande si les quatre de Denver ne se sont pas offert un stage de révision du côté de chez MASTODON. Que ce soit avec le nerveux « Glass House », le rageur « Remains », le sludge progressif et sophistiqué des collègues d’Atlanta baigne en effet le chapelet de titres du tank du désert.
C’est parfois plus poppy et hymnique (« Sirens », ou bien le plus dansant « Last Nail »), quelquefois plus martial (« Waves », sans tomber dans le panzermetal, toutefois…)
Plus curieux, « A state of Mind” propose un pas de côté vers…le rock mancunien d’OASIS, dont seule la fuzz franche vient jurer avec les ritournelles des frères Gallagher. Surprenant et bienvenu pour ceux qui goûtent le style.
La production est ample et puissante, les guitares et la basse sont grasses sans être indigestes. La batterie n’est pas en reste avec une grosse caisse profonde et des cymbales aux aigus feutrés.
Par rapport à la précédent livraison, « Loon » s’avère paradoxalement plus énergique…et moins bluffant. La faute sans doute à des influences un chouia plus évidentes. Hors de question cependant de mettre au rebut une galette qui offre de bons moments, mais qui nécessitera sans doute un effort supplémentaire pour en apprécier le sel. Sans être le saut de l’ange de l’année, « Loon » s’avère être un plongeon de grande classe.