Megaherz est un groupe qu'on pourrait ne plus présenter tant ils foulent la scène Metal depuis longtemps, mais pour ceux qui découvrent, sachez que le groupe a été formé en 1995. Après plusieurs changements d'orientations musicales et neuf albums, le groupe confirme son inclination pour l'Indus avec « Komet », leur dernier album.
Il ne faut pas longtemps à Megaherz pour nous prouver qu'ils ont définitivement fait le tour de l'Indus le plus classique et qu'ils le maîtrisent à la perfection. Avec « Vorhang Auf », le groupe se permet même d'ajouter une bonne dose de puissance et de noirceur grâce à une base qui se révèle essentielle lors du break qui donne finalement toute son identité au morceau. Le titre éponyme s'ouvre dans une ambiance assez étrange qui pourrait évoquer du Heavy accompagné de quelques expérimentations plus électro et, contrairement à la chanson précédente, c'est bien la guitare qui tient le premier rôle. On souligne le refrain, simple mais efficace et entraînant ! Plus le titre avance, plus sa ligne musicale s'étoffe et grandit. « Scherben Bringen Glück » sonne beaucoup plus old school avec les premières mesures qui rappellent terriblement la chanson « Pong » et effectivement, on se rapproche un peu plus du Gothic sur certains passages avec une composition plus froide et distante avec une ligne musicale minimaliste. En revanche, par d'autres aspects, le morceau est presque trop Pop et léger, un contraste qui ne fonctionne pas forcément et ne plaira pas à tous.
Retour à toute vitesse vers un univers plus angoissant mais terriblement attirant avec la batterie et les sirènes de « « Horrordown ». Headbang et mouvements de danse en tout genre sont de mises sur cette chanson à la rythmique diablement irrésistible ! Megaherz frappe fort et parvient à nous faire oublier le très moyen « Scherben Bringen Glück ». Le groupe semble clairement moins se prendre la tête et cette déferlante d'énergie joyeuse est un vrai délice. Pour la suite du programme c'est « Von Oben », un morceau plus doux et imposant qui se compose surtout d'un duo piano-voix, parfois accompagné par tout le groupe, mais toujours en légèreté et en maîtrise. La chanson offre finalement une respiration dans cet album énergique. Le groupe surprend par sa capacité d'adaptation à différents styles, sans jamais perdre son identité. Et « Tiefenrausch » témoigne encore une fois de l'extrême maléabilité de Megaherz qui propose une chanson dominée par la ligne de basse et de batterie. Sur cette ligne rythmique lourde et puissante, le clavier et la voix posent une mélodie écrasante, ce qui est finalement le maître-mot pour ce titre.
Si Rob Zombie avait été allemand, il aurait probablement pu écrire quelque chose dans le style de « Schwarz Oder Weiss », un morceau à la fois théâtrale, entraînant et sombre, à la manière d'un cabaret de l'horreur qui nous invite à danser dans un univers étrange et parfois inquiétant. Mon seul conseil, donnez une vraie chance à ce titre ! Avec « Heldengrab », on quitte totalement l'Industrial Metal classique des premiers titres pour partir à la découverte d'un monde parallèle, en apesanteur et qui se démarque par l'accord très doux de la voix et du clavier sur un fond rythmique presque disco. « Nicht In Meinem Namen » nous ramène avec brutalité sur une Terre ravagée et chaotique. La voix est impérieuse mais séduisante, la guitare en retrait et la basse agressive. Nous n'avons aucun mal à imaginer la puissance que ce morceau peut avoir en live ! Après quelques expérimentations, on revient sur le traditionnel Cyber/Indus avec « Trau Dich ». La chanson est sympathique mais le groupe commence à avoir épuisé sa capacité à nous surprendre apparemment. La fin de cet album semble décidément être faite pour me décevoir car « Night Genug » reste dans le même ton et n'apporte rien de particulier.
Megaherz nous offre un très bon album dans l'ensemble, mais ce succès est entaché par quelques titres maladroits et répétitifs vers la fin de « Komet ». Le plaisir n'est pas gâché car le groupe a fait l'effort de proposer de nombreux morceaux originaux et uniques, ce qui manque parfois cruellement dans l'Indus et qui témoigne de leur créativité après une aussi longue carrière.