Chaque disque semblait gratter un peu plus la surface, jusqu’à ce qu’on atteigne enfin le cœur.
Le titre veut tout dire : Innern ou “à l’intérieur”. Pas besoin d’explications, on sait qu’on va plonger. Ce disque n’est pas une fuite vers les étoiles ni une explosion de colère : c’est une descente, lente, organique, presque douloureuse.
Ici, le groupe n’essaie plus d’impressionner.
Dès "Marter", la tension est palpable. Pas de mise en scène inutile : un riff froid, une batterie nerveuse, une voix à vif. On sent le groupe au bord du vide, mais décidé à ne pas reculer. "Xibalba" prolonge cette lutte intérieure, tout en contrastes, entre rage et beauté, entre cris et silences.
Puis vient "Eos", moment suspendu : un lever de lumière après la nuit, une ouverture fragile. On y entend presque l’air entrer dans les poumons.
"Fragment" et "Finisterre III" réinstallent la gravité , un dépouillement total, des mélodies à fleur de peau, sans aucun effet superflu.
Et quand "Forlorn" referme l’album, on reste là, immobile, avec ce sentiment étrange d’avoir traversé quelque chose d’intime.
Le son est d’une clarté presque crue : on entend la tension dans les cordes, la respiration entre deux hurlements. Rien n’est aseptisé, rien n’est forcé.
La production laisse vivre les silences autant que les tempêtes. On retrouve tout ce qui fait la signature du groupe : la rigueur allemande, les atmosphères post-black planantes, mais surtout cette humanité qui rend chaque note nécessaire.
Tout ici respire la maturité, la fatigue, mais aussi la paix qui vient après la tempête.
Innern est un album qu’on n’écoute pas à la va-vite. Il demande du silence, de l’attention, un peu de courage aussi. Il ne cherche pas à séduire, il accompagne. Il parle de ce qu’on garde pour soi, de ce qu’on ne dit pas, et transforme tout ça en musique.
Tracklist
1. Marter – 9:24
2. Xibalba – 10:07
3. Eos – 7:30
4. Fragment – 6:24
5. Finisterre III – 2:00
6. Forlorn – 7:44
Line-up de l'album
Nikita Kamprad – guitares, composition principale
Tobias Schuler – guitare
Giovanni Nosenzo – basse
Lukas König – batterie
Julian Körtgen – chant
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