Lorsque l’on parle de metal gothique allemand, c’est Crematory qui nous vient spontanément à la bouche. Il faut dire que le groupe a marqué trois décennies en proposant des productions sans failles, en jouant des centaines de fois en têtes d'affiche et en allant dans des festivals à travers le monde.
Riche d’une discographie déjà dense, Crematory s’apprête à marquer de nouveau les esprits grâce au tout dernier album qui va sortir via Napalm Records : ‘’Inglorious Darkness’’.
Sans parler en détail des nouvelles compositions, nous avons déjà du croustillant à se mettre sous la dent. En effet, les membres ont choisi de revenir à leurs origines allemandes en intégrant leur langue natale au sein de certaines des productions. De plus, leur morceau pionnier est remis au goût du jour, ‘’Tears of Time’’ dans ‘’Illusions’’ en 1995, désormais intitulé "Tränen der Zeit" et chanté en allemand.
L’opus n'est pas encore publié pourtant il est déjà annoncé comme l’un des meilleurs du genre, c'est donc l'occasion idéale d’en faire une présentation détaillée et un retour !
‘‘Inglorious Darkness’’ regorge d'hymnes sombres, puissants et percutants. Les onze titres sont incroyablement réussis, ils possèdent tous de grandes qualités et valent véritablement le coup d’être découverts. Voici donc la présentation de cinq d’entre eux qui vous donneront des idées sur quelques unes des musiques qui vous attendent - une sorte de mise en bouche avant que vous puissiez découvrir vous même cet opus.
Tout d’abord, parlons du premier morceau au nom éponyme. Véritable hymne de metal gothique, ‘Inglorious Darkness’ est tout simplement jouissif, il rappelle les plus beaux jours du genre. En effet, que ce soit l’introduction mystérieuse, pleine de tension qui introduit un jeu vif et sombre, ou encore le growl jouxté à une voix rauque et mystérieuse, nous y retrouvons tous les codes. Il propose une entrée en matière des plus efficaces : les instruments s’y libèrent, le chant est percutant, les nuances sont riches, alternant entre des passages relativement calmes et d’autres débridés, lourds et vifs. Il s’en dégage une ambiance épique, quoique légèrement mélancolique à certains moments. Une fois le morceau terminé, vous aurez une pêche d’enfer et une très forte envie de dévorer les dix autres productions à venir !
‘Until We Met Again’ est un morceau immersif et intrigant. Le travail sur l’ambiance est incroyable et se fait ressentir dès les premières secondes lourdes et sombres. Une cloche sonne au loin, mais elle se fait rattraper par les instruments qui vont jouer de paire avec elle. Le début est assez carré, mais la musique va vite prend du lest et de l’ampleur. Les riffs y sont incisifs, la batterie déterminée et le chant puissant, cependant des passages plus calmes vont également prendre place, avec une mélodie plutôt aérienne. Ultra entraînant, nous voyageons en même temps que les notes nous matraquent sur un rythme très plaisant.
'Trümmerwelten' est tout aussi remarquable. L’introduction très dansante nous mets dans l’humeur instantanément et le morceau illustre lyriquement une scène dystopique. Les claviers y ont un rôle primordial puisqu’ils construisent des mélodies épiques, donnant naissance à des paysages sonores plus vrais que nature. Les percussions ne sont pas en reste, contribuant énormément à cet univers. Linguistiquement, l’allemand est LE langage plus qui rend l’ensemble parfait : la gutturalité de la langue est en parfaite adéquation avec le tout musical. En bref, c’est entraînant, la rythmique y est excellente et l’instru puissante et bien placée, autant dire que vous aurez vite envie de bouger la tête !
Parlons également parler du morceau pilier de l’album et de la carrière du groupe : ‘Tränen der Zeit’. Par le biais de la langue allemande, Felix Stass insuffle une nouvelle vie aux paroles. Les musiciens engloutissent quant à eux les auditeurs dans la mélancolie et la nostalgie grâce à ces airs que nous pourrions chantonner sans peine tant ils sont gravés en nous. C’est la plus grosse attente de cet opus, et elle en vaut tout à fait la récompense : aussi brillante que son homologue de 1995, la version de 2022 saura convaincre par sa modernité.
Enfin, terminons avec ’Forsaken’. L’introduction présente une ambiance épique et introduit une voix qui chante de manière très posée. Que les amateurs de metal énervé se rassurent, cette douceur ne sera que passagère : l’intensité du jeu instrumental augmentant, la voix va faire de même et prendre de l’ampleur aboutissant à un growl puissant et profond. À partir de ce moment, des passages calmes et doux vont alterner avec des passages plein d’une énergie massive accompagné d’un chant puissant et affirmé. J’ai trouvé cette musique particulièrement jouissive, ce qui est d’autant plus plaisant sachant que c’est elle qui clôt l’album, nous laissant donc sur une sensation de satisfaction intense et une grande réserve d’énergie à dépenser.
Personnellement, lorsque j’ai terminé l’album, ce fut un ‘’Wow’’ spontané qui m’est venu aux lèvres. Au même titre que les autres productions du quintet allemand, celui-ci est une claque musicale qu’il serait fâcheux d’ignorer. Il s’agit d’un excellent metal goth, plein de passion, dans lequel une énergie martelante nous transperce. Ça fait plaisir de voir que le groupe revient à ses sources et à sa langue natale, tout en sachant innover à travers des morceaux entraînants dont les rythmes font bouger la tête du début à la fin. De plus, grande fan de synthé que je suis, je ne peux que souligner le clavier qui est utilisé avec brio, aux moments ‘’où il faut’’ et ‘’comme il faut’’ afin de supporter les autres instruments et la voix.
‘’Inglorious Darkness’’ se révèle être un véritable coup de cœur. Un coup de cœur du type de ceux qui donnent envie de réécouter encore une fois toute la discographie de la bande. Avec ‘’Inglorious Darkness’’, la bande prouve une fois de plus que leur passion brûle encore, qu'elle est plus forte que jamais, et que même après plus de 30 ans sur la scène musicale, ils ont encore de longues et glorieuses années devant eux !