La sortie récente de l’album ‘III’ sonne définitivement l’âge du chien pour les Américains de The Winery Dogs. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que leur album n’en manque pas, du chien ! À commencer par la pochette où le visuel du « III » est représenté comme un coup de griffes de bête sauvage.
‘III’, comme les membres du groupe. La meute des chiens de vignoble est, en effet, composée de Richie Kotzen (chant et guitare), Billy Sheehan (basse et chant) et de Mike Portnoy (Batterie et chant). Comme ils l’expliquent dans la bio recueillie par Mike Mettler, ils avaient observé une pause en 2017 après la sortie de leur deuxième album et la tournée qui a suivie. C’est en revenant pour leur tournée de 22 dates, intitulée ‘Who Let The Dogs Out’, en 2019 que l’idée d’un troisième album avait émergé.
La première écoute de l’album est comparable à une cage qu’on ouvre, et de laquelle s’échappent des loups sauvages nous sautant au visage. Et plus particulièrement aux oreilles. ‘Xanadu’ donne le ton. Ce single principal, sorti fin 2022 sur la chaîne YouTube officielle du groupe après ses 10 ans d’existence, et qui totalise déjà plus de 902 k vues, envoie du lourd ! Comme Mike Portnoy le reconnaît, c’est l’un des morceaux les plus féroces de l’album. C’est dire.
Au programme de la première piste, de la bonne musique avec de vrais instruments. La basse de Billy Sheehan accompagne parfaitement le titre tout au long de sa durée, parfois jumelée à la guitare de Richie Kotzen. La même guitare qui, par moments, s’emballe dans des riffs effrénés en sublimant tous les sons que nous prenons plaisir à écouter pendant 4 minutes. Par moment, le trio nous donne même envie de taper dans nos mains avec eux. Quant à la batterie de Mike Portnoy, elle rythme le titre à la perfection avec une justesse exemplaire. On aimera, à la fin, l’entendre jeter ses baguettes par grande satisfaction de ce que le trio venait d’accomplir, comme il le précise dans la bio de Mike Mettler.
Début 2023, The Winery Dogs proposèrent à leurs fans de bien commencer l’année en mettant en ligne le deuxième titre ‘Mad World’, de son album ‘III’, sur sa chaîne YouTube. Sa musique haletante donne envie de mettre un casque sur ses oreilles et de sortir dans la rue pour entamer un footing. Avec une motivation guidée non seulement par le rythme de la musique, mais aussi par les paroles qui l’accompagnent. Il est ici question d’un appel à relever la tête et à se surpasser malgré la folie du monde dans lequel nous vivons. The Winery Dogs ont ainsi conquis le public si on en croit les 807 k vues totalisées aujourd’hui.
L’album ‘III’ comporte 10 titres au total pour 50 minutes de régal. Du bon hard rock, de la rage, et même des moments de répit. Le troisième titre ‘Breakthrough’ démarre comme le calme avant la tempête. La voix de Richie Kotzen prend des intonations de plus en plus fortes, jusqu’à revenir au calme pour ensuite repartir de plus belle. À l’image de celui qu’il décrit, dans les paroles, comme celui ayant commis des erreurs plusieurs fois, qui en a, à chaque fois, tiré des leçons, et qui finit par faire une percée. Et lorsqu’il s’arrête de chanter, c’est pour nous faire profiter d’un excellent solo de guitare.
Tiens, en parlant de solo ! ‘Rise’ aussi en propose. C’est un titre complet. Batterie qui fait l’ouverture, solo de guitare, et même solo de basse ! Un délice ! Il dégage tellement d’énergie qu’il serait très intéressant de le voir joué en live. Voir le déchainement de nos protagonistes telles des bêtes sauvages, devant une horde de fans, les bras en l’air, réunis devant eux comme une meute prête à être lâchée. Une belle montée d’adrénaline comme on les aime dans les meilleurs concerts.
Quant à ‘Pharaoh’, il survient comme un titre qui règne en maître sur l’album. Il démarre tel un grognement avant de partir en rugissement. Et lorsque Richie Kotzen vient poser sa voix, il le fait tel le cri d’un loup rempli de rage. C’est alors que la puissance de la batterie de Mike Portnoy sur ses paroles vient accentuer le règne du Pharaon qui scelle notre destin avec virilité. Comme s’ils se réjouissaient de leur domination, nos chiens de vignoble s’offrent ensuite un moment de plaisir instrumental. La guitare, la basse et la batterie nous donnent l’impression de communiquer entre elles et de se répondre dans un langage connu que d’elles seules.
Comme lors d’une pleine lune, des cris de loup hurlant à la mort déchirent le silence dans ‘Lorelei’. Richie Kotzen supplie la sirène de lui chanter une chanson. Le calme de la musique, au rythme d’une batterie beaucoup plus lente que dans tous les autres titres, sonne comme un chagrin que le personnage garde au plus profond lui. Il le dit lui-même, il préfère mourir plutôt que continuer. Mais ‘Lorelei’ sonne également comme la maîtrise que possèdent les plus grands groupes de hard rock. Celui d’avoir la capacité de proposer un titre atypique dans son répertoire sans engendrer la stupéfaction du public. Bravo !
Titre final de l’album, ‘The Red Wine’ est tel le grand cru qui a pris le temps de bien vieillir en cave. On se délecte de ce nectar en le conservant en bouche, avant qu'il ne vienne libérer une explosion de saveurs sur nos papilles. The Winery Dogs ont tout donné pour terminer leur album en beauté. Des finitions soignées pendant plus de 7 minutes. La pureté du son des instruments authentiques jusqu’à la dernière seconde. Une manière de rappeler ce que Richie Kotzen confiait à Mike Mettler lorsqu’il soulignait que leur musique est créée par de vraies personnes qui jouent de vrais instruments. De toute évidence, ces Américains ont pris du plaisir à créer un plaisir qu’ils ont ensuite offert à leur public.