Quatre titres courts, mais quatre titres qui remplissent exactement leur office : réaffirmer l'identité d'un groupe qui, après plus de trois décennies, continue de sonner comme personne d'autre.
Trois nouveaux titres et une reprise. Quatre morceaux seulement, mais quatre morceaux qui arrivent avec le poids de toute une histoire. Les Helsinkiens de The 69 Eyes, fondés en 1989 et toujours au complet — Jyrki 69 au chant, Bazie et Timo-Timo aux guitares, Archzie à la basse, Jussi 69 à la batterie — marquent avec ''I Survive'' leur première sortie officielle sous le label BLKIIBLK, nouveau pôle métal du catalogue Frontiers Records. Un changement de maison qui n'a rien d'anodin pour un groupe qui navigue depuis des décennies dans les eaux du gothic rock et du goth 'n' roll, et qui signifie peut-être un ancrage plus structuré dans les réseaux de distribution internationaux.
L'EP s'ouvre sur son titre éponyme, 'I Survive' — et le moins qu'on puisse dire, c'est que la collaboration avec Steve Stevens (guitariste historique de Billy Idol) n'a rien d'une simple caution VIP. Le morceau, co-écrit par Jacob Bunton (songwriter oscarisé qui a travaillé notamment avec Mick Mars et Neon Coven), sonne comme un cri de survie mélodique ancré dans la tradition goth 'n' roll du groupe : Jyrki 69 pose sa voix de velours noir sur un mid-tempo à la fois sombre et résolument accrocheur, et le jeu de Stevens ajoute une dimension supplémentaire sans écraser l'identité du groupe. Jyrki 69 l'avait dit lors de l'annonce : ils avaient besoin d'un titre plus nerveux, dans l'esprit de 'Lost Boys' ou 'Drive', pensé pour faire sauter les publics lors des concerts.
'Cold Sweat', la reprise de Thin Lizzy (1983), suit avec une audace bienvenue même si j'avoue, qu'en tant que grand fan du Lizzy, que la reprise manque de panache. Produite par Erno Laitinen et mixée par Barry Pointer (Ozzy Osbourne, Mötley Crüe), la version que proposent les Finlandais est une mise en scène gothique d'un classique de hard rock irlandais — le clip, tourné pendant la tournée européenne de début d'année avec D-A-D (le fameux Cowpunks & Glampires Tour), vaut autant pour la généreuse présence caméo de Fernando Ribeiro (Moonspell) que pour l'énergie brute qu'il dégage. La reprise a d'abord circulé sous forme de démo vieille de dix ans retrouvée par un ami du groupe — et l'anecdote dit quelque chose sur la façon dont The 69 Eyes fonctionnent : entre instinct, hasard et fidélité à leurs racines.
'In the Misery' déroule le fil sombre attendu — nappes nocturnes, guitares qui flirtent avec une mélodie qui reste dans la tête sans qu'on sache vraiment pourquoi (il y a un côté Billy idol au demeurant). 'Devil's Rose' clôt l'EP avec la participation d'Ed Mundell (Monster Magnet), apportant ce supplément de puissance riffée qui rappelle que le groupe n'a jamais tourné le dos au hard rock.
Quatre titres courts, mais quatre titres qui remplissent exactement leur office : réaffirmer l'identité d'un groupe qui, après plus de trois décennies, continue de sonner comme personne d'autre.