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I Feel the Everblack Festering Within Me

Doc_Metal
Journaliste

Lorna Shore

Lorna Shore ne réinvente pas la roue, mais ils la font tourner dans le sang et la lumière.
10 titres
Deathcore
Durée : 66:27
Sorti le 12/09/2025
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Lorna Shore ne joue plus dans la même cour. Avec I Feel the Everblack Festering Within Me, le quintet américain signe un disque qui sent la souffrance transcendée, la colère canalisée, et surtout la maîtrise absolue d’un chaos qu’ils ont eux-mêmes créé. On aurait pu craindre la redite après Pain Remains — mais non. Ici, tout est plus grand, plus sombre, plus organique.

Dès "Prison of Flesh", on comprend que l’enfer va durer plus d’une heure. Ça explose, ça tourbillonne, ça étouffe. Et pourtant, dans cette furie sonore, tout semble pensé au millimètre. Les orchestrations ne sont plus un simple décor : elles participent à la narration. Elles respirent, grondent, enserrent les guitares dans un cocon apocalyptique.

Le morceau "In Darkness" illustre parfaitement ce virage : au lieu de tout écraser, Lorna Shore sculpte ses tempêtes. Les breaks sont ciselés, les transitions d’une fluidité rare pour un groupe de ce calibre. Et quand "Glenwood" se pose, presque contemplatif, on perçoit enfin la mélancolie qui suinte derrière les murs de bruit. Ce n’est plus juste du deathcore : c’est une tragédie symphonique.

On savait Will Ramos capable de hurler comme un démon. Ce qu’on découvre ici, c’est sa faculté à faire de chaque cri une émotion. Sa voix ne sert plus seulement la violence : elle raconte. Il y a des nuances, des textures, comme s’il vivait chaque mot qu’il éructe.

Certains diront que Lorna Shore pousse la machine trop loin, qu’il y a trop de tout : trop de reverb, trop de cordes, trop de drame. C’est vrai. Mais c’est précisément ce “trop” qui fait leur force. Leur identité, c’est l’excès assumé, total, cathartique.
Oui, I Feel the Everblack Festering Within Me peut épuiser. Oui, on ressort lessivé. Mais quel voyage ! Il y a dans ce disque quelque chose d’humainement dévastateur, une beauté tordue qui se mérite.

Lorna Shore ne réinvente pas la roue, mais ils la font tourner dans le sang et la lumière. Ce nouvel album, c’est une cathédrale de rage, bâtie sur les cendres du metal extrême moderne. Et qu’on aime ou qu’on déteste, on ne peut pas rester indifférent.

Tracklist
1. Prison of Flesh – 7:00
2. Oblivion – 8:20
3. In Darkness – 6:43
4. Unbreakable – 4:49
5. Glenwood – 6:44
6. Lionheart – 5:44
7. Death Can Take Me – 7:16
8. War Machine – 4:54
9. A Nameless Hymn – 5:14
10. Forevermore – 9:47



Line-up de l'album
Will Ramos – vocals
Adam De Micco – lead guitar, production
Andrew O'Connor – rhythm guitar, synths, orchestrations
Michael Yager – bass guitar, backing vocals
Austin Archey – drums