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Hopiumforthemasses

FRED H
Journaliste

Ministry

Mêlant sons synth-pop renvoyant aux premières heures, guitares hurlantes issues des 90s et ouvertures musicales variées, « HOPIUMFORTHEMASSES » est une fin (ou quasi) des plus correcte pour Ministry.
9 titres
New Wave (early), Industrial/Electronic (mid), Industrial Rock/Metal (later)
Durée : 42:33
Sorti le 01/03/2024
1370 vues
Il va falloir s’y résoudre, la fin de Ministry est imminente. Même si par le passé et à plusieurs reprises, Al Jourgensen a déjà tout arrêter pour en définitive revenir quelques temps plus tard, notre Buck Satan préféré semble ce coup-ci bien décider à mettre un point final à son combo « dans un album ou deux », selon ses dires. Avant de s’occuper d’autres projets sur lesquels il travaille, notre tête pensante prévoit comme ultime méfait du Ministère la sortie d’une version réenregistrée de « With Sympathy », premier effort livré en 1983 sur lequel la maison de disques de l'époque avait dictée la direction artistique.

En attendant, ce présent « HOPIUMFORTHEMASSES » est donc à considérer comme le dernier opus composé de chansons originales. Aux côtés d’« Uncle Al », on retrouve les zicos déjà à l’œuvre sur « Moral Hygiene » en 2021 : le guitariste Cesar Soto (Man The Mute), le claviériste John Bechdel (Fear Factory, Killing Joke), le bassiste Paul D’Amour (ex-Tool) et le batteur Roy Mayorga (ex-Stone Sour et Soulfly). A cette clique hétéroclite, s’ajoute ici le six-cordiste Monte Pittman (Madonna, Prong).

Musicalement, ce seizième skeud conserve les éléments de base chers au meneur tatoué. Les riffs metal thrash télescopent l’intensité punk (l’énervée 'TV Song 1/6 Edition'). Les saccades de guitares répondent aux samples/boucles indus. Les voix trafiquées se mélangent aux assemblages d’échantillons vocaux disséminés un peu partout ('Just Stop Oil').

Au milieu de cette bastonnade sonore, l’acoustique s’invite un peu ('It's Not Pretty'). La formation élargit son spectre avec d’autres propositions. Ici, un registre dance/synth pop ('Ricky's Hand', revisite de Fad Gadget déjà jouée en live sur la dernière tournée). Là, une variation rock soul ('Cult Of Suffering' avec Eugene Hutz de Gogol Bordello). Al délaisse (un temps) son chant rageur pour des tons plus « parlés » ('Aryan Embarassment' en compagnie de l’ex-Dead Kennedys et ami-collaborateur de longue date Jello Biafra).

Pour ce qui est des thèmes abordés, le sexagénaire (soixante-six printemps cette année) a encore des choses à dire sur l'état du monde et les changements sociaux, politiques et économiques. L’étasunien s’attaque aux tendances misogynes ('B.D.E' abréviation de 'Big Dick Energy', on vous épargne la traduction). Le natif de La Havane déplore que beaucoup se désintéressent des magouilles et manœuvres de nos dirigeants ('Goddamn White Trash' avec Pepper Keenan, le leader de Corrosion of Conformity). L’escogriffe américain s’en prend aussi aux obsessionnels des réseaux sociaux et à leurs quêtes permanentes du « Like » ('New Religion').

Mêlant sons synth-pop renvoyant aux premières heures, guitares hurlantes issues des 90s et ouvertures musicales variées, « HOPIUMFORTHEMASSES » est une fin (ou quasi) des plus correcte pour Ministry. Cela étant dit, avec les prochaines élections présidentielles américaines prévues fin 2024 (et le possible retour de Donald Trump ?), Al Jourgensen pourrait décider de ressortir de sa réserve pour balancer quelques brulots contre le futur locataire de la Maison Blanche, quel qu’il soit. L’avenir nous le dira.