Après un ''Homicidal Ecstasy'' des plus réjouissants paru il y a deux ans, voici les Américains de Sanguisugabogg de retour avec leur nouvelle offrande, un ''Hideous Aftermath'' qui n’incite pas à aller voir si l’herbe de l’au-delà est plus rouge sang qu’ici.
Dès 'Rotted Entanglement', on comprend que le chemin des 47 minutes qui vont suivre ne sera pas des plus reposants. Entre blasts percutants et riffs écrasants, les oreilles et le cerveau sont mis à rude épreuve par un death/grind bodybuildé.
Les rythmiques sont épaisses comme les bras du vocaliste Devin Swank, dont le chant tutoie les profondeurs de la Moria. Non content d’assurer à lui seul les growls de rigueur, il a fait appel à la crème du genre pour des featuring marquants (Dylan Walker sur le final malsain de 'Paid In Flesh', Travis Ryan sur le bourrin 'Semi Automatic- Facial Reconstruction').
Les lignes de guitare sont à l’image du six-cordiste Drew Arnold : lourdes, massives, carrées. L’accordage bas et la saturation exacerbée de l’instrument confèrent à l’ensemble une sensation d’écrasement. Sentiment renforcé par la basse de Ced Davis, plus profonde que la fosse des Mariannes et le trou de la sécu réunis. 'Abhorrent Contraception', featuring Defeated Sanity, donne ainsi l’impression d’être enterré vivant et d’étouffer à petit feu.
Le batteur Cody Davidson n’est pas en reste, s’illustrant sur 'Felony Abuse Of A Corpse', blastant comme un épileptique sur 'Heinous Testimony' et apportant une touche groovy au pesant 'Erotic Beheading'.
Maitrisant parfaitement l’art de l’apocalypse sonore, le combo de l’Ohio n’hésite pas à dévier de sa trajectoire et nous surprend avec un 'Repulsive Demise' aux relents industriels. Doté d’effets électroniques et d’un son de batterie synthétique rappelant le Godflesh des débuts, ce titre confère un côté hypnotique pour un résultat des plus addictifs.
La production, signée Kurt Ballou, permet une meilleure distinction des instruments que sur l’opus précédent sans pour autant lui retirer de sa puissance.
Avec cette cuvée 2025, Sanguisugabogg convainc définitivement et se place comme un fer de lance de la nouvelle vague grind/death US. Vivement la prochaine tournée.