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Head Above Water

ALDO
Journaliste

Laura Cox

Un joli voyage...
11 titres
Classic Rock
Durée : 45
Sorti le 20/01/2023
1635 vues
Troisième album pour la franco-britannique (Si, si, Papa est rosbif…c’est pas juste un pseudo pour faire genre…) qui a vite converti le buzz déclenché par ses vidéos Youtube (ça date tout de même de 2008, tout ça…si, si, tu peux vérifier…), en une production musicale digne de ce nom.

Petit à petit, l’oiseau a fait son nid, et après deux opus plutôt Hard Rock, passe aujourd'hui doublement la vitesse supérieure.
D’une, parce que Laura s’assume enfin en tant qu’artiste solo. D’abord Laura Cox Band, puis Laura Cox (le groupe), c’est aujourd’hui en tant que Laura Cox la chanteuse-guitariste-autrice-compositrice qu’elle nous livre cette nouvelle galette. Les musiciens qui interviennent sur cet album, bien que pour certains membre du combo sur les deux précédentes livraisons, sont aujourd’hui crédités en tant que sessionmen.

De deux, on quitte un tantinet les sentiers Hard pour une matière musicale plus traditionnellement rock’n’roll, avec une forte dose de country-blues.
Il n’est que d’écouter le « chuck-berryien » One Big Mess pour s’en convaincre. Car même si l’on reste sur une énergie relativement contemporaine (dans les arrangements et le traitement sonore), en fermant les yeux, l’on verrait presque Marty McFly reprendre gaillardement « Johnny B. Goode » dans « Retour Vers le Futur ».

Plus globalement, les titres les plus « rudes » portent en eux cette vibe countrysante qui nous rappellent – par exemple – le « Black Velvet » d’Alannah Myles, avec cette basse volontaire et ces feulements rauques dans le chant (le punchy « Swing It Out », ou le plus vicieux «So Long »).

Là où l’on est aussi particulièrement interpelé (dans le bon sens du terme) , c’est lorsque Laura se lance sur une pente plus mélancolique et acoustique (même si les instruments électriques restent présents, en son clair). On s’attardera par exemple sur l’élégante ballade (agrémentée d’un motif au banjo et soulignée d’un trait d’orgue Hammond) « Old Soul », qui vous transporte illico dans les grands espaces du Midwest.

On aborde également des couleurs plus bluesy et soul (« Wiser »), et là aussi c’est fait avec beaucoup de finesse et d’élégance. Le travail des choeurs est remarquable d’à-propos et ajoute à la classe de l’ensemble.

L’album accroche par un sens du swing, du groove, avec une production très américaine, mais aussi avec un sens de l’atmosphère sur les morceaux lents. On ne trouve ni bavardage inutile, ni demonstration technique. L’accent est définitivement mis sur le songwriting et la concision.

Et même si la testostérone du hard teigneux pointe ponctuellement le bout de son nez (« Fever »), c’est un matériau plus feutré qui nous est ici livré (« Seaside », superbe !). Cela risque de rebuter certains à qui les moindres relents pop provoquent des poussées d’eczéma, et il faut reconnaître que la première écoute est à ce titre un tantinet déstabilisante. Il faudra persévérer pour apprécier la qualité de cette livraison. Mais le jeu en vaut la chandelle, car cet album propose un joli voyage.