HYPNOTIC DRIVE…Auteurs d’un EP et d’un album, les quatre parisiens reviennent avec un second opus qui sent bon l’essence, qui démarre plein gaz avec le premier titre, et enchaine à fond la caisse sur un rythme effréné. Le groupe ne manque pas de nous emmener en balade au coucher du soleil, à bord d’une Ford Mustang décapotable et…
STOP ! STOP et re-STOP ! C’est pas parce que la pochette montre une route désertique avec une Harley et une Ford Mustang qu’il faut tomber dans les clichés éculés, hein…et puis on n’est pas là pour beurrer les sandwiches, on a à cœur de faire de la chronique qui a du fond (enfin, on essaye, hein…)
Bref, maintenant qu’on a bien rigolé, penchons-nous sur ce second essai d’une formation qui trace son chemin sans en avoir l’air. Cela leur a d’ailleurs valu de décrocher un créneau sur la Hell stage lors du dernier pèlerinage en terre Clissonnaise, et par là même de gagner un tantinet en visibilité. Mais là n’est pas le propos.
Hypnotic Drive, disais-je, a sorti son second album, dont l’intérêt est de faire la démonstration d’une envie de bien faire, ainsi que d’une progression notable dans les résultats.
En effet, avec sa précédente galette, HD (pour les intimes) montrait un attrait certain pour le Stoner primal façon Karma to Burn, tout en rudesse et lourdeur aride. Seulement, le mix –les affres de l’autoproduction- ne mettait pas correctement en valeur un chant par ailleurs encore approximatif.
Avec cette nouvelle galette, on est désormais un cran au-dessus. Malgré quelques faiblesses très ponctuelles (sur « Blackwood Child », on frôle encore parfois la fausse note), le chant est désormais juste et bien intégré au mix, avec un réel effort de production (lignes de chant doublées, application d’effets…). Les vertus de l’apprentissage…
Côté instruments, c’est dans la continuité du précédent : le son est massif, bien produit…les médisants noteront un manque de puissance par rapport à des productions plus professionnelles, mais laissons-les dire…tout le monde n’a pas accès à des studios prestigieux, ainsi qu’aux services d’un producteur. Et pour une autoproduction, il faut reconnaître que le travail est pertinent et flatteur.
L’exécution est par ailleurs carrée. Tout au plus peut-on déceler quelques approximations –léger manque de fluidité- lors de certains passages solo en guitare.
Les compos font le taf, et curieusement vont plus loin que la simple fidélité au Stoner « à la K2B » précédemment évoqué. On trouve un peu de grunge, mais également du heavy, voire du punk. Les climats vont du hargneux façon pitbull (Night Hunter,…) au pesant (Who am I…) en passant par le fantomatique ( Hell me Out), ou le bucolique incantatoire et hispanisant (le joli final Infinite Road).
Petite surprise, le quartet adopte le principe de la ghost-track qui connût son heure de gloire à l’apogée du format CD, juste avant que le pur numérique ne vienne foutre sa merde. Le morceau choisi pour l’occasion laisse toutefois un peu sur sa faim. En effet, avec son côté barré (c’est quoi cette flûte ?), on pense fortement –à raison ?- à quelque chose de l’ordre de la rigolade, issu d’un dérapage lors de l’enregistrement d’un autre morceau (il s’agit d’une reprise du thème de « Blackwood Child »). Clivant, et donc risqué…
En résumé, un album sans autres prétentions que celle du travail bien fait, qui malgré quelques –rares- faiblesses, recèle un intérêt auditif certain. On passe un bon moment.