Cent fois sur le métier remettre l’ouvrage…cette citation tronquée de Jacques Prévert – laquelle s’inspire largement d’un autre de nos illustres poètes, Nicolas Boileau – peut sans aucun doute s’appliquer aux « quasi »- franciliens HYPNOTIC DRIVE.
Car les quatre graisseux font partie de ce qu’on appelle les besogneux, ceux qui croient en la valeur travail, afin de toujours progresser. Chaque livraison est l’occasion d’apprendre, et de cumuler de l’expérience pour, la fois suivante, améliorer le résultat. Les besogneux, ce sont aussi ceux qui s’accrochent malgré les difficultés inhérente à l’exercice d’une passion – en l’occurrence la musique – en parallèle d’une vie bien remplie, et qui parfois éloigne les membres du groupe.
Il faut ici saluer la perséverance du quatuor, qui a connu plusieurs mouvements sur le poste de batteur, et a réussi in extremis à conserver son bassiste malgré l’éloignement géographique.
Les premières écoutes de leur dernière livraison "Behind the Wheel" ("Aucun lien fils unique" avec Depeche Mode...) frapperont l’auditeur par un son ENORME : les saturations sont chaudes, grasses, mais également mordante. Malgré les limites de l’autoproduction, la mise en son est puissante et n’a pas à rougir de productions plus professionnelles. Les problèmes de justesse du chant qui pouvaient atténuer l’impact des compositions sont ici inexistants. Quand on dit que le travail paye toujours…
Côté compositions, on sent la double influence du thrash metal et du Desert Rock dans la mise en son et l’écriture. On relève d’ailleurs un prévalence du premier dans l’intention, au détriment de la filiation stoner initiale du combo.
Côté thrash, on notera le « metalliquesque » « Escape Plan » qui lorgne du côté des quatre cavaliers façon Grande Epoque (i.e. celle des trois premiers albums) ainsi que « Disappear », foncièrement ancrée dans la période d’émergence de la scène de la Bay Area.
Ceci étant dit, Dronz et sa bande n’oublient pas de rendre hommage à Will Mecum et au cultissime KARMA TO BURN, par l’introductif et bien nommé « Karma », suivi de « Life Thief ».
Plus curieux -dans le bon sens du terme- HYPNOTIC DRIVE s’essaye à des atmosphères plus dark folk, avec le crépusculaire « Lost Highway ». C’est joliment troussé, et on retrouve un clin d’œil aux Four Horsemen avec une intro plutôt Western Spaghetti dans l’intention (Ennio Morricone, l’extase de l’or, tout ça…)
Enfin, un pas de côté vers les Grands Anciens du Doom Sabbathien dans l’introduction du déstabilisant « Monster », qui effectue ensuite un dérapage contrôlé vers un Heavy plus moderne, au curieux rythme saccadé et un tantinet bancal, joué au fond du temps sur une batterie plus volontaire.
On notera de-ci de-là quelques petits soucis de mise en place, mais rien de foncièrement rédhibitoire. En tous cas, rien qui ne vient entâcher foncièrement les efforts de cette formation constituée de passionnés, qui vise à simplement proposer de la bonne musique et progresser à chaque étape.