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Hate Uber Alles

FRED H
Journaliste

Kreator

« Hate Über Alles » prouve que Kreator est bien de retour et à son meilleur.
11 titres
Thrash Metal
Durée : 46 min 16
Sorti le 10/06/2022
2740 vues
Il parait que « Nul n'est prophète en son pays ». Avec leur dernier méfait en date (« Gods Of Violence » en 2017), Kreator avait fait mentir cette expression en atteignant (pour la première fois depuis leur début) la plus haute marche des charts germaniques.

Cinq piges ont passés et voilà que le combo formé à Essen (il y a 40 ans) nous revient avec « Hate Über Alles ». Ce quinzième effort studio est le premier avec Frédéric Leclercq (Loudblast, Sinsaenum, ex-Dragonforce) à la 4-cordes. Le skud/skeud débute par une inquiétante intro ('Sergio Corbucci Is Dead', hommage au réalisateur italien a qui on doit notamment les westerns spaghetti « Django » et « Le Grand Silence »). Mêlant arpèges de gratte acoustique et chœurs, cette ouverture est clairement le calme avant la tempête… l’ouragan même.

De bout en bout, le combo, mené par le chanteur/guitariste Miland « Mille » Petrozza, délivre son thrash à la fois technique et furieux (l’hymne contagieux 'Hate über alles'). Le vocaliste teuton continue à chanter sur ses sujets de prédilection : religion, folie, violence et … haine (l’EP « Flag of Hate » (NdT : Drapeau de la haine) remonte déjà à 1986). Un refrain comme « Hate Über Alles ! Hate is the virus of this world » se passe de traduction. Tellement d’actualité malheureusement.

Les bastos fédératrices s’enchainent. Si vous ne beugler pas ou ne headbanger pas sur tous ces missiles proposés (le rassembleur 'Demonic Future'), alors on ne peut plus rien pour vous. Le riffing général est aussi dévastateur qu’accrocheur (l’enragé 'Crush the Tyrants'). Pas le temps de respirer. Bien mises en avant, les six-cordes sont tranchantes comme des lames de rasoirs (le meurtrier 'Killer of Jesus'). Le finlandais Sami Yli-Sirniö (injustement sous-estimé) offre d’ailleurs des interventions de première bourre (l’impitoyable 'Strongest of the Strong'). L’effort trouve une sorte d’équilibre entre la mélodie période « Endorama » et la brutalité maitrisée de « Enemy of God »). Quelle efficacité tout cela.

Comme à son habitude, le batteur Jürgen « Ventor » Reil fait pleuvoir les coups sur son kit batterie (le monstrueux et obsédant 'Pride Comes Before the Fall'). La production d'Arthur Rizk (Cro-Mags, Cavalera Conspiracy) déchiquète tout sur son passage. Un rien chauvins que nous sommes, on aurait aimé que la basse soit encore plus présente dans le mix. Quoi qu’il en soit, l’apport du français s’observe à plusieurs occasions (le dévastateur 'Dying Planet' qu’il a coécrit).

Outre quelques rythmiques héritées du heavy des 80’s ('Become Immortal') et des accents Iron Maiden-iens (le sauvage 'Conquer and Destroy'), le quatuor nous a également concocté une vraie surprise. Pour la première fois, la formation a fait appel à une voix féminine en contrepoint des cris de Mille ('Midnight Sun'). Les timbres de notre hurleur et de l'artiste de new wave/pop Sofia Portanet (née à Kiel) se combinent parfaitement. Qui a dit futur hit incontournable ?

Indéniablement, Kreator est bien l’un des maitres du Thrash Metal européen (mais pas que). Vous l’avez compris, « Hate Über Alles » prouve que la machine de guerre allemande est bien de retour et à son meilleur.