Pourvu de riffs rageurs, d’une section basse-batterie explosive et d’un mix assassin, ce « Generation Antichrist » est un put*** de bon disque thrash brutal comme on l’aime
Avec leur second méfait « The Force » publié en 1986 (et aujourd’hui encore toujours considéré comme LE classique du combo), Onslaught avait marqué les esprits avec son thrash metal féroce. Par la suite, les déboires ont été légions entre les très nombreux changements de line-up et les galères avec les labels (conduisant au split entre 1991 et 2005). Depuis la reformation, les britanniques poursuivent leur route entre albums studios et valse (encore) des musicos.
Pour leur septième opus répondant au doux nom de « Generation Antichrist », c’est donc une énième mouture qui nous fait face. Autour du sixcordiste fondateur (et désormais seul rescapé des débuts) Nige Rockett et du bassiste Jeff Williams (présent depuis 2006), pas mal de sang neuf avec les arrivées en 2018 de James Perry aux baguettes (Bull-Riff Stampede, This Is Endless) et du gratteux Wayne Dorman (Wrath of the Gods) puis en 2020 du vocaliste David Garnett (lui aussi Bull-Riff Stampede, ex-Plague).
Les consignes laissées au producteur étaient simples « Peut-on avoir le son le plus brutal et le plus agressif jamais entendu dans le thrash metal ? ». Fort est de constater que le monstrueux mix perpétré par Daniel Bergstrand (collaborateur de Behemoth, In Flames et Meshuggah) est à la hauteur de la demande (puissance, équilibre entre les instruments, ...). Tout est extrêmement brut, direct, sans artifices. En somme, du thrash metal bestial et moderne qui n’a rien à envier aux skeuds de leurs confrères Américains.
Le quintette est visiblement (re)venu pour botter des culs. Mister Rockett (blase prédestiné n'est-il pas ?) et son comparse guitariste défouraillent des riffs missiles à vous clouer au mur (le meurtrier et tout est dans le titre 'Strike Fast Strike Hard', la dévastatrice piste éponyme, la tuerie 'All Seeing Eye'). La section rythmique est implacable (le percutant 'Bow Down to The Clowns'). C’est bien simple, derrière ses fûts, on a l’impression que le sieur Perry s’est donner le défi de détruire son kit batterie sur chaque piste. Ici, on ne tourne pas autour du pot. Ça déchire grave, ça tranche sévère (le furieux 'Addicted to the Smell of Death', le hargneux et accrocheur 'Empires Fall'). Si l’exécution de tout cela est de première bourre, en ce qui concerne les lyrics, on reste sur les stéréotypes du genre (anti-religion, guerre, souffrance, dysfonctionnements sociaux).
Coté chant, le récent départ du vocaliste référence Sy Keeler pouvait inquiéter quant au futur. Même si succéder à un tel lascar derrière le micro n’était clairement pas gagner, le « petit nouveau » s'en sort plutôt très bien (les compos n'ayant probablement pas été écrites pour lui à la base). Avec son timbre rageur, il hurle à s’en briser les cordes vocales (le court et sauvage 'Rise to Power' et ses grognements gutturaux, l’intense 'Religiousuicide' et son débit à la mitraillette). Pour celles et ceux qui voudraient comparer les deux hurleurs, rien de plus simple. Le gang abglais propose en fin de disque une version 2020 (avec Garnett donc) d’un morceau ('A Perfect Day To Die') paru en single l'année passé (avec l’ancien chanteur Keeler). Chacun aura probablement son avis et sa préférence.
Pourvu de riffs rageurs, d’une section basse-batterie explosive et d’un mix assassin, ce « Generation Antichrist » est un put*** de bon disque thrash brutal comme on l’aime. Sept piges après leur « VI », Onslaught est bien retour. Futurs bons moments dans la fosse garantis.