''Electrifyed'’ ne s'embarrasse pas de demi-mesures. Un album qui aurait parfaitement pu s'insérer dans la trilogie fondatrice du groupe, '‘Wild Cat’', '‘Spellbound’' et '‘Crazy Nights'’
Quarante-six ans après ‘’Wild Cat’’, l'album qui avait contribué à définir la New Wave of British Heavy Metal, les Tygers of Pan Tang n'ont toujours pas dit leur dernier mot. ‘’Electrifyed’’, douzième album studio, arrive deux ans après ‘’Bloodlines’’ (2023), leur disque le plus acclamé depuis la reformation (même si personnellement, je n’avais pas été séduit) et porte en lui une ambition clairement affichée : revenir aux sources, faire du métal lourd sans compromis, réactiver l'étincelle de la fin des années 70.
La formation autour du fondateur Robb Weir (guitare) est stable depuis quelques années, avec Jack Meille au chant, Craig Ellis à la batterie, Huw Holding à la basse. Une nouveauté cependant : John Foottit intègre le groupe à la deuxième guitare, apportant sa propre expérience (notamment chez Chrome Molly) et une énergie fraîche sur le plan du jeu. La production est confiée à Marco Angioni, collaborateur de longue date, tandis que la pochette revient à Andy Pilkington de Very Metal Art.
‘Rise Up!’ ouvre l'album avec un riff qui annonce la couleur sans détour : lourd, direct, une rythmique de béton et les guitares de Weir et Foottit qui se répondent avec une complémentarité immédiate. Et pour avoir été un grand fan de l’album ‘’Spellfound’’ (1981), album qui a façonné le son du groupe, je retrouve sur ce titre (et plus loin dans l’album) l’esprit de cette époque.
‘Forevermore’, second single pré-sorti, est l'un des moments les plus accrocheurs du disque — refrain anthémique, mélodie forte, Meille au sommet. Le titre éponyme ‘Electrifyed’ est une déclaration d'intention en bonne et due forme, avec son intro en palm-mute brutal et sa progression qui monte crescendo. ‘Dark Divinity’ et ‘A Shadow Of Fire’ explorent des territoires plus sombres, rappelant les albums les plus atmosphériques du catalogue.
‘The Nail’, un qui mixe mid-tempo lourd et accélérations, est un titre qui aurait pu figurer sur les albums des années 80. Une vraie perle métal comme on les aime. ‘The Fight Goes On’ envoie du lourd tandis que ‘Dark Skies’ offrent une respiration plus heavy rock classique. ‘Revenge Is Sweet’ clôt l'ensemble avec une conviction finale qui donne envie de rembobiner immédiatement.
‘'Electrifyed'’ ne s'embarrasse pas de demi-mesures. En l'écoutant, une évidence s'impose : cet album aurait parfaitement pu s'insérer dans la trilogie fondatrice du groupe, '‘Wild Cat’' (1980), ‘'Spellbound'’ (1981) et ‘'Crazy Nights'’ (1982). Même mordant, même densité de riffs, même façon de construire des morceaux qui sonnent à la fois comme des machines de guerre et des hymnes à reprendre en chœur. Robb Weir et ses complices n'ont pas cherché à singer leur jeunesse, ils ont simplement retrouvé l'instinct qui les animait à l'époque, intact sous des décennies de scène.
Ce retour aux sources NWOBHM n'a rien de nostalgique : il est revendicatif, presque provocateur. Comme si le groupe voulait rappeler au monde du métal qu'ils en sont l'un des piliers fondateurs, et qu'ils n'ont pas fini d'en fixer les règles. Quarante-six ans après leurs débuts, les Tygers rugissent toujours aussi fort. Et ‘Electrifyed’ est leur meilleure preuve.