Émergeant de Cologne en 2008, le quatuor allemand sort son premier album “Summoning Black Gods” en 2012. Faisant un death metal assez classique pour le genre, c’est avec son deuxième album “The Mysterious Way of Repetitive Art” que l’on va sentir une volonté du groupe à faire évoluer sa musique. Mais c’est sur l’incroyable “… And As We Have Seen The Storm, We Have Embraced The Eye” que le cap est véritablement passé. En ressort un album qui conserve encore un peu ses racines Death Metal mais qui embrasse pleinement un son rock assez lumineux dans la droite lignée de Dire Straits. D’ailleurs, le jeu de guitare du seul membre restant du quatuor fait énormément penser au jeu de Mark Knopfler. En effet, quelque temps après la sortie de ce troisième album, le groupe annonce un split, que je n'ai personnellement pas très bien vécu… Je découvre un groupe qui sort un album qui devient un des classiques absolu et qui se sépare après, pas facile… Mais quelques temps avant fin 2023, Chapel of Disease annonce son quatrième album “Echoes of Light”, dernier album enregistré avec le line-up d’origine et qu’en plus de cela le groupe allait quand même continuer. Quel bonheur !
Bon la transition était grandement amorcée avec le précédent album, “Echoes of Light” vient achever cette transformation. Avec ce nouvel album, qualifier Chapel of Disease comme étant un groupe de Death Metal ne fait plus sens. Mis à part, le chant qui par moment est éraillé et “extrême” tout le reste n’est plus qualifiable en tant que tel, tant nous sommes loin des canons du style.
Dès les premières secondes du titre éponyme, le lumineux riffing si propre à Chapel of Disease nous absorbe et notre voyage onirique peut commencer. “Echoes of Light” est le morceau qui se rapproche le plus de ce qu’a été Chapel of Disease avant. C’est sur ce morceau que les éléments métal extrême sont le plus palpable comme le chant éraillé tout du long ou bien ce break/solo très typé black metal. Et encore ce côté extrême est vraiment minoritaire sur ce morceau et encore plus sur le reste de l’album. Les allemands ont définitivement tourné une page et entament une nouvelle phase de leur carrière artistique. “A Death Through No Loss” marque le point de rupture entre les deux mondes que côtoyait Chapel of Disease. La première partie est dans la continuité du premier morceau et aux alentours de la troisième minutes, un break vient insuffler une nouvelle dynamique au morceau, beaucoup plus posée et rock. Le morceau se termine en apothéose et le doux “Shallow Nights” commence. Morceau complètement en chant clair, “Shallow Nights” est une ode à la rêverie et au détachement. Une véritable douceur se dégage de ce troisième morceau, nous sommes à des années lumières de ce qu’à pu faire le groupe auparavant et pourtant, je trouve que cela marche vraiment ! Le très rock “Selenophile” prend la suite et c’est un véritable tube. Le riffing est simple et percutant et globalement, on ne voit pas le morceau passer tant il est efficace. “Gold / Lust” revient sur des terres plus éthérées, complètement instrumental sur sa première moitié et ensuite un chant aérien et habité vient se poser par- dessus. Cette deuxième partie me fait énormément penser à une autre formation allemande Rope Sect, notamment avec ce chant grave et éthéré (j’ai d’abord cru que c’était en featuring avec le chanteur de Rope Sect mais non). Et enfin, “Ode to The Conqueror” vient clore magistralement ce quatrième album des allemands.
Musicalement, ce nouvel album est une merveille. Chaque riff est plus inspiré que le précédent et puis ces solos absolument dantesques et envoûtants me font sans cesse partir dans des trips complètement déments. Comme sur le précédent album, il y a une si grande richesse dans l’écriture de Chapel of Disease que la réécoute n’en ai jamais redondante ou pouvant perdre de sa superbe sur le long terme.
Très rare sont les groupes à réussir un changement de style aussi radical et réussir à convaincre tout le monde voire même d’être devenu plus attractif en faisant ce changement. Le précédent album nous le montrait déjà mais “Echoes of Light” vient nous donner la confirmation que ce n’était pas un coup d’essai et que les allemands ont encore de beaux jours devant eux.