Bien que meurtri par la perte de son vocaliste, Metal Church a su avancer en enrôlant un remplaçant impliqué. Chers fidèles, soyez rassurés, avec ce très bon « Congregation of Annihilation », le groupe est bien de retour et pour le meilleur.
Début 2015, plus de vingt piges après avoir quitté le groupe, le vocaliste Mike Howe réintégrait Metal Church. Dans les cinq ans qui suivirent, le combo nous livra deux opus studio de qualité (« XI » puis « Damned If You Do ») ainsi qu’une compilation de raretés (« From the Vault »). L’église du Metal était repartie sur de bons rails, du moins le pensait-on. Malheureusement, un triste jour de juillet 2021, Howe était retrouvé mort (par pendaison) à son domicile, il n'avait que 55 balais. La formation subissait là son second coup du sort fatal, seize années après le décès de son premier hurleur David Wayne des suites d'un accident de voiture.
Une fois le temps du deuil passé, le guitariste, membre fondateur et auteur-compositeur principal Kurdt Vanderhoof et ses acolytes se sont mis à la recherche de leur prochain frontman. Finalement, à l’été 2022, c’est Marc Lopes, chanteur de Ross The Boss et Let Us Prey, qui a été recruté pour intégrer le quintette.
Pensé comme un « nouveau » chapitre de la carrière des américains, ce présent « Congregation of Annihilation » renvoie aux premières heures (comprendre le premier méfait éponyme et « The Dark », respectivement sortis en 1985 et 1986). Certaines chansons sont TRES agressives (le titre éponyme, le furieux 'Children of the Lie'). Ce treizième missile de nos lascars de la côte ouest comporte, une fois encore, son lot de riffs percutants ('These Violent Thrills'), de rythmiques travaillées et de soli - parfois doublés - tranchants comme des rasoirs. Comme les efforts précédents, on oscille ici entre thrash ('Pick A God and Prey') et power metal US ('All That We Destroy', 'Another Judgement Day'). Les accroches mélodiques sont toujours de la partie ('Making Monsters', l’osédant 'Me the Nothing').
Au micro, Marc s’est parfaitement intégré. Avec sa voix brut (et par moments aiguë), l’étasunien se montre agressif, hargneux en diable ('Say a Prayer with 7 Bullets'). Même si ici et là on note quelques intonations qui peuvent rappeler les chanteurs disparus (RIP les garçons), Lopes ne les clone pas. Il va être intéressant de l’entendre se frotter au répertoire passé lors des futurs concerts.
Bien que meurtri par la perte de son vocaliste, Metal Church a su avancer en enrôlant un remplaçant impliqué. Chers fidèles, soyez rassurés, avec ce très bon « Congregation of Annihilation », le groupe est bien de retour et pour le meilleur. Aucun doute là-dessus.