C’est avec bonheur qu’on s’était délectés de « Screamin' At The Sky » sorti dans la seconde moitié de 2023. Ce huitième effort du groupe marquait les débuts discographique (avec BSC) du nouveau bassiste Steve Jewell Jr., après le départ de Jon Lawhon.
Le combo fondé dans le Kentucky revient en ce début mars avec « Celebrate », un EP de sept chansons. Les quatre gars demeurent fidèles à leur hard rock massif infusé de southern rock et de blues. Comme le précédent skeud, ce mini-album s’est construit à partir de matériel composé sur la route (comprendre des paroles écrites entre deux villes, un riff issu d’une balance ou d’une jam session).
Assez logiquement, on retrouve ici des titres mélangeant puissance et groove coutumiers. Clairement pensées pour une efficacité maximum en Live, ces bombes sonores sont portées par les guitares (épaisses) toujours au centre du jeu (le morceau éponyme, 'What You’re Made Of') et des refrains que l’on peut qualifier de fédérateurs ('Neon Eyes', 'Caught Up In The Up Down'). Petite et bonne surprise également avec, en clôture, une reprise « metalisée » d’un des hits des Écossais de Simple Minds ('Don’t You (Forget About Me)'). Avec Tyler Connolly (Theory Of A Deadman) en invité, le quartet en provenance de l'État de l'herbe bleue offre un final aussi énergique que réjouissant.
Cela étant dit, aux travers deux autres pistes (placées intelligemment au milieu de la galette), le groupe dévoile une facette plus introspective, explorant des thèmes plus personnels. Si la première ('I’m Fine') s’avère légèrement vaporeuse et sombre, c’est la seconde chanson qui se révèle la plus touchante ('Deep'). Elle aborde un drame qui à frapper Ben Wells et son épouse, à savoir une fausse couche durant le processus d’écriture de l’EP après plus d’une décennie a tenté de devenir parents. Quelques jours après ce malheur, souhaitant transformer sa douleur en musique, le guitariste – d’ordinaire discret - a composé ce titre pourtant intime porté par l’interprétation habitée de Chris Robertson. Impliquée, la formation originaire d'Edmonton s’est associée à Sands, l'association de soutien aux familles endeuillées par une mortinaissance ou un décès néonatal.
Certes court (à peine vingt-six minutes de zique), « Celebrate » n’en reste pas moins intense et varié dans ses ambiances. Sincère et authentique, Black Stone Cherry livre une fois encore une œuvre maitrisée et équilibrée mêlant puissance brute et profondeur émotionnelle. Bravo.