« Big City Life » est un album qui marque sans aucun doute une très belle réussite du heavy rock mélodique. Une véritable mine de trésors cachée bien trop longtemps.
Big City est un groupe véritablement underground (malgré l'étendue de la production musicale qui peut être comprise dans ce terme). Même si ses membres ont fait partie des groupes de métal extrême assez connus tels que Satyricon ou Blood Red Throne et ont des tonnes d'expérience dans le milieu, Big City est, jusqu'au là, plutôt demeuré dans l'ombre : ainsi, leur premier album a été travaillé mais n'est jamais sorti. Cela promet toutefois de changer : le deuxième album du groupe, le quasi-éponyme « Big City Life », sort le 22 juin prochain chez « Rock of Angels Records », complété par les morceaux du premier, et amène avec lui les premières performances live du groupe norvégien, prévues pour cette année.
« Midnight Train » ouvre l'album : c'est un titre qui se situe à la croisée du heavy rock et des sonorités plus hard. Si la performance de Jan Le Brandt, le chanteur du groupe, demeure assez mélodique, le rythme du titre est, lui, clairement posé comme suivant les codes du hard rock, on l'entend dès l'intro, marquée par une guitare très prononcée. Le pont réussit carrément le pari de concilier le heavy rock avec une dimension plus hard, et surtout le titre rend nostalgique de la musique telle que produite dans les années 1980. « Fire and Stone » est un morceau plus que réussi, presque mystique, et un bel exemple du heavy rock mélodique. A commencer par une guitare surprenamment douce et harmonieuse tout au long du morceau (à écouter), et une performance parfaitement équilibrée de Jan Le Brandt, dont la voix s'adapte aussi bien au rythme plus posé du couplet qu'à la dimension rock plus appuyée du refrain. « Big City Life » est toutefois savamment équilibré entre les sonorités posées et mélodiques, et des rythmes plus déchaînés. « Crying In The Night » en est un parfait exemple : même si le titre est clairement mélodique dans sa base, le rythme est plus rock et soutenu (comme en témoigne le solo de la guitare), et une fois de plus, le mérite du Jan Le Brandt est à souligner, qui sait parfaitement bien concilier les deux dimensions. Un titre remarquable du début jusqu'à la fin, en somme.
Le groupe n'hésite pas à rester sur un rythme plus soutenu et moins heavy, comme en témoigne « Stars Surrounding », un morceau assumant complètement son côté rock déchaîné. Les guitares plus qu'appuyées qui ouvrent le morceau et ne lâchent plus par la suite, le pont qui confirme cette impression, le vocal qui soutient le rythme, tout ici démontre le côté plus rock et rebelle de Big City. Le rythme confirmé dans « Tower Of Babylon », un nom qui sonne comme mythique, et un titre qui n'a pas la prétention moindre : un morceau très bien construit, marqué par une performance très bien voire excellente de Jan Le Brandt, des guitares puissantes qui savent toutefois se mettre plus à l'ombre, une batterie déchaînée, une réussite jusqu'à dans les dernières notes.
Big City excelle tout aussi bien dans les titres plus mélodiques : « From This City » en est un bel exemple énigmatique. Un morceau dont le début est posé par une guitare carrément mélodique et un vocal du chanteur principal qui l'est tout autant (on ne saurait, une fois de plus, ignorer le talent de Jan Le Brandt, dont le vocal s'adapte à tous les rythmes). On a ici une définition du rock mélodique par excellence : malgré la présence des guitares qui se fait plus insistante à mesure que le titre progresse, la dimension rock demeure parfaitement mélodique. Le pont est, quant à lui, absolument excellent, tout comme le back-vocal. On revient dans un style plus déchaîné et déchirant à souhait avec « Running For Your Life », dominé par les guitares et la batterie, dont le style est, là encore, fortement marqué par l'héritage rock des années 1980. « Home Again » reprend un rythme plus posé, introduit par un vocal mélodique et une guitare qui se trouve au second plan. La beauté du refrain est ici remarquable, un véritable hymne du rock mélodique qui démontre les capacités étendues des mélodies plus heavy. La meilleure note finale que l'on pourrait souhaiter pour un album tout aussi remarquable.
En guise de conclusion, « Big City Life » est un album qui marque sans aucun doute une très belle réussite du heavy rock mélodique. Une véritable mine de trésors cachée bien trop longtemps.