C'est l'heure de l'Apocalypse et Anaal Nathrakh dégaine encore une fois l'artillerie (très) lourde pour 30 minutes d'annihilation pure. ''A New Kind Of Horror'' est destructeur, sans pour autant amorcer un changement drastique dans les compositions.
C'est après deux ans d'absence que les anglais d'Anaal Nathrakh reviennent avec un nouvel album intitulé ''A New Kind Of Horror'', sorti en fin septembre chez Metalblade Records. Pour rappel, le groupe, formé en 1998 est composé de deux membres permanent, Irrumator (Michael Kenney) à la guitare, basse et batterie et V.I.T.R.I.O.L (Dave Hunt) au chant.
Anaal Nathrakh joue un métal extreme brutal, aux croisements du Black, du Death, de l'Indus et du Grindcore. Le nom est en vieil irlandais et signifie ''Le Souffle du Serpent''. Il provient du film de John Boorman ''Excalibur'', sorti en 1981 ou cette tirade de Merlin peut d'ailleurs être entendue sur le titre 'Anaal Nathrakh' (''Total Fucking Necro'', sorti en 1999).
L'album comprend dix pistes pour un total d'une trentaine de minutes de bourrinage qui ne fait pas dans la dentelle, comme à la bonne habitude du groupe. Certains morceaux retiennent l'oreille, comme 'Are We Fit For Glory Yet? (The War To End Nothing)' et 'Mother Of satan', alors que d'autres sont si poussifs en terme de grosse artillerie qu'ils en deviennent presque caricaturaux et drôle, comme 'Forward!'. Mais nous y reviendrons.
Globalement, le mur de son compact balancé par Anaal Nathrakh reste à l'image de la discographie d'Anaal Nathrakh. En témoigne le premier vrai morceau de l'opus (après l'intro instrumentale 'The Road To…'), 'Obscene As Cancer', bon morceau ou la batterie enchaine les blast beats de manière impeccable et les sonorités dissonantes très black sont bien présentes. Le chant alterne entre screams, chant clair et cris déchirants pour un rendu à la limite de l'épique. La recette se retrouve également sur 'New Bethlehem/Mass Death Futures' et ses rythmiques très orientée core.
Notons également la présence de voix fausset à la King Diamond, notamment sur 'The Reek Of Fear', donnant un côté diabolique et oldschool au morceau.
Le rendu global peine toutefois à faire ressortir quelque chose d'authentique dans les morceaux, tant les artifices sont nombreux : sons électroniques, nappes de claviers, mélange de chants… Certains autres groupes ont usés et utilisent encore ces samples (Mysticum, Emperor, Thorns, Burzum…), mais ici, l'impression globale de manque d'originalité et de déjà entendu est assez flagrant lorsque l'on écoute l'album, car le groupe à tendance à en fait des caisses pour un rendu souvent lourd. Un exemple assez parlant est ''VI Coactus', qui ferait presque penser à une version extrême d'une bande originale de film Marvel. La surenchère est constamment présente et rend le morceau très clinquant et difficilement digeste.
En définitive, sans parler de catastrophe, peu de pistes parviennent à se démarquer, du moins pour de bonnes raisons. Citons tout de même comme contre exemple l'explosif 'Mother Of Satan', très malsain et vilain comme tout, avec un refrain énergique et rythmé par des blast beats efficaces et bien menés. Personnellement, le meilleur titre de l'album, très orienté black et relativement sobre.
Il y a une raison pour laquelle j'ai utilisé un vocabulaire très militarisant dans cette chronique, puisque deux titres font la part belle aux samples d'artillerie : 'Forward!' et 'The Horrid Strife'. Sur le premier, le refrain se fait au rythme d'un rechargement de cartouche et sur le second, c'est au rythme de balles tirées. On peut comprendre la volonté d'Anaal Nathrakh de viser toujours plus lourd, mais là, le résultat fait d'avantage penser à une version ''Expendables'', boostée aux stéroïdes et à la testostérone, tellement dans la surenchère et dans la multiplication d'effets que la qualité se perd dans un grand néant certes efficace mais manquant cruellement de maturité.
Pour conclure, certains pourrons dire que ''A New Kind Of Horror'' porte bien son nom (histoire d'être mauvaise langue). Néanmoins, l'album est loin d'être inaudible, certains titres sont sympathiques à écouter et l'ensemble (de seulement 30 minutes) passe plutôt bien en fond sonore. On pourra regretter l'absence d'originalité, encore une fois, Anaal Nathrakh reste dans sa droite ligne sans prendre de risques, ce qui est dommage. A savoir si cet opus fera date dans la discographie du groupe comme dans la musique extrême, j'en doute.