Le trio post-punk de Vancouver THE ZAXONS dévoile le clip de 'Adrian Knows', extrait de son album 'Videopticons'. La vidéo a été mise en ligne le 26 octobre 2026 et remet en lumière l'un des morceaux les plus marquants du disque.
'Adrian Knows' repose sur une basse qui pousse sans relâche, des lignes de guitare sèches et découpées, une électronique volontairement rudimentaire et la voix au flegme très britannique de Julian Growcott. Le morceau se situe quelque part entre l'économie anguleuse de Wire et de Magazine, le futurisme nerveux de Pete Shelley et de Gary Numan, et la pulsation plus sombre de formations actuelles comme Preoccupations ou Women. Le résultat est tranchant, étrange et pourtant immédiatement mélodique : une chanson pop dont chaque refrain laisse dépasser quelques fils dénudés.
Le titre doit son nom à Adrian Mole, l'adolescent maladivement complexé qui narre le roman de Sue Townsend 'The Secret Diary of Adrian Mole, Aged 13¾', publié en 1982. Julian Growcott explique : "Ça parle d'être introverti et socialement inadapté à l'école, et de devoir supporter les élèves et les professeurs typiques de l'époque, privilégiés, sectaires et narcissiques." Le clip prolonge ce regard en rendant hommage au Vancouver des années 70 et 80, vu par les yeux d'un gamin qui commence à cerner les gens qui l'entourent et trouve refuge dans la ville elle-même. Ces lieux lui ouvrent aussi les portes des livres, de l'art, de la musique, de l'architecture et du cinéma, autant de façons de donner un sens au monde.
Sur les huit titres de 'Videopticons', Julian Growcott (guitare, chant), Dave Charan (basse, chant) et Ben Wilson (batterie, synthétiseur) pratiquent un post-punk sec et fébrile, construit d'abord sur le rythme. Les guitares tranchent à travers les morceaux plutôt que de s'y installer, et les synthés surgissent par moments comme une vieille machine qui se réveillerait d'un coup. Plutôt qu'un simple revival, le groupe évoque le futur technologique que les années 80 imaginaient à portée de main : une boutique d'électronique britannique après la fermeture, vers 1981, avec ses téléviseurs encore allumés et un ordinateur familial resté en marche dans un coin. 'Keswick Cutouts' ouvre l'album sur une pulsation grave et des bourdonnements électroniques, le morceau-titre plonge dans un post-punk nocturne, 'Mumpsimus' tord des mélodies plus lumineuses, et 'Television Play' referme le disque dans une brume de basse épaisse, de guitare hantée et de signaux brouillés.
Si l'ombre du post-punk anglais plane sur THE ZAXONS, le trio appartient tout autant à la lignée actuelle du genre, celle de Women, Preoccupations et Protomartyr. Il en tire une pop tendue, portée par la basse, assez accrocheuse pour happer l'auditeur et assez étrange pour lui réserver encore des surprises après plusieurs écoutes.