St Negus : L'ascension d'un "Black Zeppelin" avec le nouveau single 'Shanghai'
Droit dans son uniforme victorien, le regard perçant, St Negus intrigue avant même d’avoir fait résonner sa guitare. Derrière ce nom à la symbolique forte — mêlant le titre impérial éthiopien "Négus" (Roi des Rois) à une dimension spirituelle — se cache Nagui Mehany. Fort de 12 ans de tournées, notamment avec Dust Lovers (vu deux fois au Hellfest), ce musicien aguerri a foulé les scènes internationales, de l'orchestre symphonique de Moscou aux clubs de New York, où son talent lui a valu le surnom de "Black Zeppelin". Aujourd'hui, il livre sa version la plus personnelle avec un nouveau single, 'Shanghai'.
Ce titre, construit autour d'un riff composé dès 2018, explore les méandres d'une relation passionnelle devenue toxique. Entre tension rock et émotion brute, 'Shanghai' capture l'instant inévitable de la rupture. L'artiste explique : "C’est un morceau qui prend son temps, qui joue avec les silences, le rire, le larsen... je voulais un côté RATM, Jack White et fondamentalement rock groovy avec un riff très très entêtant." Le morceau est mis en images par un clip tourné à New York par l'artiste Pablo Mancera Bustamante, renforçant cette esthétique urbaine et électrique.
La musique de St Negus se situe à la croisée des chemins : un rock viscéral entre heavy blues, stoner et soul, rappelant des figures comme Ayron Jones, Gary Clark Jr. ou Queens of the Stone Age, le tout teinté d'influences orientales. Après un premier single abrasif, 'Gold Veins', qui dénonçait le racisme ordinaire, 'Shanghai' confirme l'exigence artistique de Nagui Mehany.
Ce nouveau titre est le deuxième extrait d'un premier EP éponyme attendu pour le 22 mai 2026. Composé de cinq titres, ce projet a mûri entre la France, les États-Unis et le Maroc. Chanté en anglais et en arabe, l'EP aborde des thèmes universels tels que le deuil, la quête d'identité et la dualité intérieure. Pour ce disque, St Negus s'est entouré de Nicolas César, Christophe Hogommat et Tom Gardner (Lana Del Rey, Gogol Bordello), aboutissant à un son décrit comme à la fois "crasseux et cristallin".
Ce nouveau morceau est accompagné d'un clip réalisé par Ismaël El Iraki, auteur en 2021 du long-métrage très rock n' roll Burning Casablanca qui s'ouvrait déjà par une chanson de Dust Lovers.
Fusionnels par leurs origines (tous les deux sont métis Noirs et Arabes : Nagui Mehany est égyptien soudanais et Ismaël El Iraki marocain et malien), le frontman et le réalisateur le sont aussi par leur histoire personnelle.
Si Nagui fut très affecté par les attentats de Novembre 2015 qui ont décimé la scène rock parisienne, Ismaël est quant à lui un survivant de l'attaque du Bataclan. Tourné en Novembre 2025, en plein durant le douloureux anniversaire des 10 ans des attentats, ce clip est né de la volonté de transcender les images rémanentes gravées dans ses pupilles, de faire quelque chose de vivant de ces visions.
Dans ce clip à l'imagerie violente mais animé par la force vitale du rock, on voit le charismatique Mehany se braquer d'un revolver ou encore cribler son reflet de balles de Kalashnikov mais sans jamais cesser de faire vibrer sa guitare, même lorsque son corps prend entièrement feu dans un impressionnant climax tourné entièrement en effets réels, sans trucage numérique