Le Prince des Ténèbres est mort. Pas dans une chambre d’hôtel sordide, pas noyé dans le Jack Daniel’s ou au fond d’une baignoire comme un mauvais poète maudit. Non, il est parti paisiblement, entouré des siens, à 76 ans. Et pourtant, ce soir, le monde a l’air un peu plus vide, comme un bar de Sunset Strip au petit matin, quand les néons s’éteignent et qu’il ne reste que l’odeur de la sueur et du whisky. Ozzy, c’était l’ivresse et le chaos. Le mec qui mordait des chauves-souris sur scène et qui, malgré tout, nous a donné des ballades qui brisent le cœur, comme Mama I’m Coming Home. Ce soir, elle tourne en boucle chez nous, dans nos salons, nos voitures, nos écouteurs. On lève nos verres, on tire une latte, et on se dit que le rock perd encore un de ses dieux.
Le 5 juillet, à Birmingham, il a offert son dernier rugissement au monde. 45 000 personnes, une ville entière, des guitares qui pleurent et des amplis qui crachent leurs derniers watts pour lui. On ne savait pas que c’était un vrai adieu. On ne sait jamais, en fait. Alors ce soir, les larmes et l’alcool coulent à Los Angeles, mais aussi dans nos maisons, nos chambres et nos cœurs. Quelque part, Lemmy l’attend sûrement, une bouteille de Jack à la main, pour lui dire : “Bienvenue, vieux. Tu as enfin mérité un peu de repos.” Merci pour tout, Ozzy. Merci d’avoir fait du chaos une religion, et du metal une famille. Repose en paix, Prince des Ténèbres. Et de là-haut, continue de nous hurler dessus, juste pour qu’on sache que le rock’n’roll ne mourra jamais.
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Ozzy Osbourne, légende du heavy metal, est décédé à 76 ans